En immersion pour une autre société

Mathieu Édition 2018, Énergie, Grand Est, Environnement, Revue de presse

Les mouvements citoyens Alternatiba et AlterTour parcourent la France cet été pour parler des lieux de résistance mais aussi mettre en lumière des projets alternatifs. Ils étaient 80 cyclistes samedi dans le Sud meusien.

« Parce que c’est un lieu de lutte emblématique et que c’est un moyen de montrer notre soutien à ce qui se passe ici », informait Léa Vavasseur, coordinatrice pour le Grand-Est pour Alternatiba. « Ici », c’est le laboratoire de l’Andra, qui porte Cigéo, le projet de site d’enfouissement de déchets radioactifs. Ne pas être « ici » était inenvisageable. « À Bure, il y a cette hérésie énergétique, sociale et écologique. Peut-être le phénomène actuel le plus grave en France », soufflait Fabien Goblet de l’AlterTour, un autre mouvement.

« Ici », ce samedi, 80 cyclistes et leurs accompagnateurs ont rallié Bure depuis Saint-Dizier, après une pause à Biencourt. Ils y étaient accueillis pour la nuit. Stop Cigéo s’était occupée de la coordination locale. Ils ont été rejoints en Haute-Marne par des cyclistes de l’AlterTour.

Si l’opposition au nucléaire est sans surprise, Alternatiba et AlterTour prônent une société globalement différente. La méthode, des deux mouvements, d’une communication à bicyclette fonctionne. Des messages passent plus facilement, les cyclistes visitant les lieux à la place d’assister à une conférence. « Ça permet le dialogue autour de ce qu’on fait », pour Léa Vavasseur. « Ce sont des expériences d’immersion, c’est une approche enthousiasmante », résumait Fabien Goblet.

Après le 16 juin

Ce Tour Alternatiba permet aussi de faire des rencontres. « C’est l’occasion de partager des manières de faire et nos objectifs pour une société plus responsable », déclarait Régine Millarakis, pour Stop Cigéo : « Des alternatives à l’enfouissement, c’est quelque chose sur lequel travailler. »

Irène Gunepin, autre opposante, a vu ce passage positivement : «  Après le 16 juin , les gens pensaient qu’on ne pouvait plus faire de manifestation. On peut repartir sous d’autres formes. » Samedi, devant les grilles de l’Andra , les cyclistes ont écouté un opposant faire l’historique du projet Cigéo, sous le regard et l’objectif de quelques gendarmes. Sans problème. Ce dimanche, Alternatiba a rejoint Pagny-sur-Meuse. Puis direction Pont-à-Mousson ce lundi.

« Ce style de communication, c’est génial »

Le maire de Biencourt-sur-Orge (128 habitants), Sylvain Renard, avait accepté facilement d’accueillir le rassemblement, lui qui s’intéresse de très près aux activités du laboratoire de l’Andra : « C’est un beau rassemblement. Ce style de communication, c’est génial, en plus avec ce soleil estival ! Il faudrait que ce soit plus fréquent, c’est festif. »
Celui qui a pris des responsabilités politiques pour avoir davantage d’informations enfonçait : « Toutes les idées sont fausses sur le laboratoire. »

Nicolas FERRIER, l’Est Républicain