Échappée Belle, démocratie participative et journée de la jupe

Mathieu Édition 2018, Grand Est, Echappée Belle

A l’invitation de mon amie Dutti, militante écologique engagée et membre active de l’AlterTour depuis plusieurs années, j’ai pu rejoindre le temps d’un week-end l’Échappée Belle qui revenait des jardins-en-chantant (un artiste maraicher et sa compagne qui méritent le détour à Herrlisheim près
de Colmar) pour se rendre à Kingersheim à la rencontre de la démocratie participative présentée par le maire Jo Spiegel et les réalisations écologiques qui ont redonné une deuxième vie aux Sheds avec un restaurant bio pouvant faire office de salle de spectacle, recevoir un marché paysan hebdomadaire, une épicerie permanente, un jardin pédagogique à quelques pas.

L’Échappée Belle rejoint l’AlterTour

Après quelques kilomètres de course contre la montre, la joyeuse équipée ayant réalisé qu’un repas alléchant les attendait, nous rejoignons sous les applaudissements l’AlterTour déjà bien attablé autour d’un repas préparé par leur soin avec des aliments bio délicieux. On comprend mieux cette soudaine accélération du rythme de pédalage à priori contraire à la philosophie de l’AlterTour. Mais le ventre a ses limites et tant d’efforts méritent réconfort.

La démocratie participative à Kingersheim

Une très longue soirée à l’écoute de Jo Spiegel et de la démocratie participative à l’œuvre dans sa ville devant un public attentif malgré la fatigue, séduit par l’idée même si ses limites n’ont pas échappé à tous et que le profil du politique professionnel classique a joliment été interpellé par un jeune homme de l’assistance. Les dirigeants du monde de demain que veulent bâtir les alter mondialistes auront-ils le look de Jo Spiegel ? Oui, répondra ce dernier amusé. Assurément si c’est vous, vous me ressemblerez…
La démocratie participative a montré ses limites aussi lorsque Jo Spiegel a évoqué la création de la salle de prière pour la communauté musulmane loin d’obtenir l’unanimité de la population et qui a abouti malgré tout mais pourrait bien signer la fin de cette municipalité aux prochaines élections.
Lorsque la peur gagne les citoyens faut-il la laisser gouverner ?
Après une nuit sous tente et un réveil au son d’un sympathique refrain, un petit déjeuner généreux et varié préparé par des bénévoles enthousiastes, on s’installe en cercle pour un échange sur les ressentis des participants.

La journée de la jupe

C’est la journée de la jupe et à l’AlterTour, de nombreux garçons la
porteront avec beaucoup d’humour et de légèreté.
Déçue de mon coté de n’avoir qu’un short cycliste et un jogging pour m’adapter à la frugalité du tour, je suis ravie de la tournure très alter de cette journée de la jupe à l’initiative d’une prof de couture qui évoquera sans tabou la féminité, l’élégance, ses exigences (comme l’épilation). Un grand vent de légèreté flottera ainsi sur cette journée même si d’aucune se montrera choquée qu’on parle de poils à l’AlterTour et pense qu’il s’agit de sexisme que d’évoquer les différences liées au genre ?
Un garçon qui ne porte pas de jupe (car il n’en a pas) voit dans cette démarche l’équivalent du port de la boubou africaine. Un deuxième qui porte une robe très sexy y voit un amusement semblant lourd à porter lorsque j’évoque le harcèlement des rues fait aux femmes en jupe ; il ne voit pas le rapport et semble mal à l’aise par mon attention à son costume du jour. Un troisième souriant dans sa longue robe moulante semble prêt à toutes les discussions mais le programme de la journée ne nous donnera pas ce temps.

Le vélo et la pollution

Le départ en vélo pour le village d’Ungersheim où la municipalité écolo pratique la démocratie participative et l’ouverture aux projets alter depuis plusieurs années se fera l’après-midi malgré la chaleur étouffante. La joyeuse troupe pédale, insouciante et ravie des projets enthousiasmants
rencontrés et à découvrir, indifférente au pic de pollution à l’ozone et aux conseils de prudence.
Vivre en mode alter n’est pas sans risque mais peut être demain ou après demain, nos enfants vivront plus sereinement, plus sainement, plus attentifs aux autres, plus conscients que leur santé dépend de la santé de la planète, plus conscients que rien ne changera vraiment tant que les femmes
porteront seules la jupe tandis que les hommes s’accaparent le costume- cravate.
Merci à Dutti de m’avoir fait découvrir et partager cette joyeuse et passionnante équipée porteuse d’espoir pour demain, promesse d’un relooking du monde et de leurs dirigeants.


Monique