La Marelle, une école alternative à Saint-Pantaly d’Ans

Mathieu Education, Edition 2019, Pays de la Loire

“Je suis très content de recevoir l’AlterTour, on avait une petite histoire à raconter et on a put donner un point sur cette route, un point d’échange et de rencontre”, “un collectif qui rencontre un collectif”, débute ainsi l’interview avec nos accueillants, engagés à l’école La Marelle. On sent bien l’atmosphère du “apprendre à faire ensemble” chère à l’AlterTour et constituante à La Marelle.

La Marelle fonctionne un peu comme l’AlterTour. Les enfants ont un tableau des responsabilités où ils répartissent les tâches pour la semaine, de passer l’éponge à balayer les salles communes en passant bien évidemment par l’incontournable vaisselle. Bon, selon l’un des parents qui nous faisait la visite, ce qu’on apprend à l’école n’est pas forcément appliqué à la maison. La démarche est bien sûr d’intégrer au plus tôt des notions d’horizontalité. Et c’est aussi valable pour les adultes bénévoles qui s’impliquent dans le fonctionnement de l’école, administratif, enseignement ou gestion d’ateliers sont répartis selon l’engagement de chacun.es, aussi dans le but d’acquérir de nouvelles compétences. Et apparemment, ils ne comptent pas leurs heures !

Au programme des ateliers, en auto-gestion : jardinage, yoga, écriture, théâtre, proposés par les adultes. Mais n’oublions pas l’auto-gestion venant des enfants : club gateaux, club origamis ou club tricot par exemple où ce sont “de vrais temps de transmission d’enfant à enfant”.

Ce qui a beaucoup marqué, aux larmes, certains des altercyclistes est la petite mezzanine juste au dessus de la cuisine, mezzanine de résolution des conflits ou émotions fortes entre enfants, sans intervention d’adulte ; et c’est vrai que des énergies intenses flottaient sur ces quelques mètres carrées.

Ceci n’est qu’un bref aperçu des valeurs Montessouri, Freinet, Steiner et/ou adaptatif que l’école met en place afin que ces chères têtes blondes puissent s’approprier lorsqu’ils le souhaitent l’apprentissage dont ils ont envie ou besoin, “on a un projet pédagogique, faire en sorte que les enfants restent au plus proche de qui ils sont, de leur créativité, de leur souhait d’apprendre”.

“Qu’est-ce qu’on fait de la démocratie ?”

Sous forme de jeu, nos accueillants nous propose d’y réfléchir ! Nous essuyons un peu les plats d’un exercice de “cercle de culture” qu’ils souhaitent mettre en place dans un pôle de formation à la citoyenneté, au sein de La Marelle.

En trois phases nous devons exprimer ce qu’est pour nous une démocratie puis rassembler nos idées avant une restitution créative face à un public d’altercycliste en furie. Écoute active, bienveillance et sens commun sont bien évidemment de mise.

Et ça marche ! Au lieu de se concentrer sur les divergences, la contrainte temps nous pousse à rassembler les différentes visions de manière inclusive et à travailler ensemble ; en ramant certes un peu, chaque groupe y est parvenu avec une étonnante diversité, autant dans les thèmes que dans les formes de restitution ( on a tout filmé ! ).

Une merveilleuse soirée suivra, dans un lieu enchanteur voué à un projet d’auto-suffisance pour cette belle famille dont on ne sait plus trop qui sont les enfants et les adultes.

“Parfois on se sent isolé à La Marelle, à prendre des décisions, à réfléchir, à galérer, et le fait que vous soyez venus nous voir et vous intéresser à nous, ça redonne de la valeur, votre regard, vos questions, votre émotion, moi ça me nourrit, ça me redonne de la force pour repartir pour l’année à venir” conclura Marianne.

Ivan