L’Ecocentre du Périgord, l’écohameau de Froidefon et l’écofestival des Cars

Mathieu Edition 2019, Habitat, Nouvelle-Aquitaine

            Arrivés le 02 août à l’Ecocentre du Périgord de Saint Pierre de Frugie, et à son Ecohameau, nous avons découvert l’histoire du site le lendemain matin, samedi 03 août, lors d’une journée de repos ensoleillée. Nos hôtes, Claude Micmaker, Jocelyne Cambuzat et Juliette Hérondart nous ont ouvert à la mémoire des lieux, dynamisés par leurs volontés d’expérimentation écologique, aidées par le soutien financier de la région et du département à hauteur de 650 000 euros ; entretenues par l’ambition d’ériger l’écocentre comme tiers-lieux -espace de travail partagé et collaboratif.

            Claude Micmaker nous a exposé les vertus des matériaux de l’écocentre et a défloré quelques rudiments de l’architecture bioclimatique, essentielle pour qui rêve d’une maison en paille-terre ; d’une maison en briques monomur ; d’une maison en terre crue, en bois ou en chaux-chanvre. L’AlterTour a ainsi bénéficié de l’expérience de l’architecte du site, transmise dans des formations sur le terrain depuis 2003- 2004, grâce aux six supports techniques élevés sur une dalle de 30 m par trente et servant de démonstration aux apprenants en écoconstruction.

            Le choix préférentiel des matériaux du centre de ressource, construit entre 2004 et 2009, s’est ainsi porté sur le bois et la terre crue : le bois- isolant et massique- possède des qualités indéniables pour la variabilité thermique saisonnière. Coupant, l’hiver, du froid extérieur, il retarde la restitution de la chaleur -la nuit- par son inertie. Ce centre de ressources, surmonté d’une coupole qui troue la charpente en pisé -de 80 cm d’épaisseur-, et que le tronc- robuste- d’un chataignier supporte en son centre, abrite aujourd’hui des ouvrages divers empruntables, brassant des questions vastes, embrassant l’artisanat et la philosophie.

            Nos hôtes vivent aujourd’hui dans un écohameau qui jouxte l’Ecocentre du Périgord. Il s’agit du écohameau de Froidefon, fondé en 2009, avec la création d’une Société Civile Immobilière. Plusieurs foyers vivent au sein de cet écohameau dont le noyau humain se veut relativement modeste pour en garantir le vivre ensemble collectif ; ainsi deux parcelles agricoles appartenant à la SCI sont volontairement sauvegardées par Jocelyne en attente d’un repreneur éleveur, contre toute tentation de les transformer en terrain à bâtir.

            En rejoignant la SCI il y a peu, Juliette Hérondart a acquis des parts sociales au sein de la société, à hauteur de son investissement dans la maison qu’elle s’est construite. Juliette nous a fait visiter sa maison en cours de construction, qui suit la technique de paille Nebraska pour l’isolation, supporté par un chaînage en bois pour la charpente. La toiture a l’esthétique d’un toit de carène, inspiré par l’architecte de la Renaissance Philibert de l’Orme. Une quarantaine de professionnels ont depuis mars dernier participé au chantier de construction.

            Notre présence sur ce territoire de Dordogne limitrophe de la Haute-Vienne a justifié un petit tour à l’écofestival des Cars, commune qui a proposé, pour sa 9e édition, dans son flyer, une rencontre des festivaliers avec l’AlterTour ! Avant une présentation mimée commentée d’une journée d’étape-type,  certains ont suivi le spectacle offert par Le cirque sans noms, « La Force des choses » ; spectacle touchant, corporel et acrobatique. D’autres, comme moi, ont suivi deux guides, Elodie Lerat (de La Compagnie des Simples) et Jean Werlen (animateur nature, spécialiste de la vannerie) pour une balade botanique à la découverte des adventices des jardins. Certaines se mangent, comme le lierre terrestre, qui agrémente parfaitement un gateau au chocolat ; la porcelle enracinée -dont on mange au printemps la rosette en salade ; l’épiaire – lamiacée (on se souvient que Frédérique Soulard dans son spectacle « Belle de bitume », le 26 juillet, nous a gestuellement défini cette famille de plante aux feuilles opposées décussées ! ) aux feuilles au goût de champignon quand elles sont cuites. D’autres plantes sont parfaites en vannerie : ainsi l’ortie -dont la partie ligneuse centrale doit être extraite avant usage de ses deux parties de tiges qui l’enveloppent ; le lien de ronce qui entre dans la fabrication d’un paillassou en paille de seigle ou en jonc, servant aux boulangers de bannetons à pain.

Clémence