Dans le Pas de Calais le droit de fumeur a toujours cours

Mathieu Non classé

Aujourd’hui, il s’est passé plusieurs choses exceptionnelles. Tout d’abord, il a fait beau. Sur le trajet entre Hecques et Macquinghem, nous avons pédalé sous le soleil parmi les bocages de l’Audomarois (ben oui, le pays de Saint-Omer, quoi !) et du Boulonnais (du côté de Boulogne- sur-Mer dans le 62). Pour la première fois depuis de nombreuses étapes (de mémoire d’altercycliste) la nature était belle. Après les Flandres et l’agriculture intensive, après les vaches au cul surdimensionné par les hormones, nous avons retrouvé de jolies haies d’arbustes, des maisons de pierre et des toits à deux pentes en tuile, des vaches normales, de la forêt. Pourtant il y a de nombreuses maisons à vendre. Le « droit de fumeur », une commission au black qu’on paie traditionnellement au vendeur (jusqu’à 10% du prix d’achat), n’incite peut-être pas les jeunes agriculteurs à s’y installer. Deuxième événement de la journée, en traversant une succession de villages en « hem », Brigitte a crevé, sur son vélo électrique, celui qui nous double dans les côtes. On s’est mis à quinze pour réparer, mais ce sont les serre-files (les maillots jaunes qui clôturent le peloton) qui ont fini le boulot. C’est là qu’on a été rejoints par le garde-pêche venu nous dire que (troisième événement exceptionnel) l’un des nôtres avait pêché une truite dans l’Aa et que c’est interdit, surtout les truites, qu’on réintroduit. Pour ceux qui ne font pas de mots-croisés, l’Aa est cette fameuse rivière du nord de la France, en deux lettres. C’est vrai que ça la fout de mal, surtout pour des écolos, de pêcher quand c’est interdit. Arrivés à la ferme on a mangé du sarrasin (très bien cuisiné c’est bon) et je dois vous laisser pour aller goûter la tarte Papin préparée par nos accueillants, j’espère qu’il en reste.

Karine