A la rencontre d’un artisan luthier le 19 juillet

Jonas Auvergne-Rhône-Alpes, Edition 2020

Nous campons au GAEC de l’Abreuvoir. C’est une grande ferme pleine d’histoire, une crèmerie, un élevage de vaches et de brebis. Il y a un grand pré de pâturage, agriculture raisonnée à Saint Sorlin de Morestel (Isère). Nous allons à quelques kilomètres visiter la salle de lutherie de Jérôme qui nous accueille donc chez lui. Il nous présente d’abord ses précieux outils avec lesquels il crée des guitares : la défonceuse (la bouche), la rappe (les finitions), la cintreuse (les courbes), le ponçage et le lustrage. La guitare est présentée sous toutes ses coutures : la table, le fond, la bouche, la rosace, les éclisses et le chevalet. Pour les assembler, il utilise principalement l’épicéa ou du cèdre rouge ou encore de l’acacia. Le fond de la guitare est souvent un arbre fruitier qui radoucit et réchauffe le son, le noyer par exemple. Pour la table, il aime mettre de l’épicéa car il a la particularité de diffuser à 12000m/sec alors qu’un bois lambda ne diffusera « qu’à » 300 mètres.

Un travail respectueux du bois

Il coupe le bois « sur quartier » pour avoir des belles veines perpendiculaires et pendant la lune descendante car comme la marée ou la lune, la sève sera moins abondante. Les arbres choisis doivent pousser sur un terrain sans relief sinon attention au contre-fil, la pousse doit être homogène et régulière, et les arbres bicentenaires. Les bois sont achetés principalement en Suisse, Espagne ou Italie. Pour que le son ait un bon « sustain », c’est-à-dire la durée du son, il faut du bois massif. Le bois ne fait qu’un avec l’instrument et la diversité des espèces utilisées  fait partie intégrante de son histoire depuis plus d’un siècle et demi. Pourtant, il y a un processus d’épuisement des ressources. Le mécanisme économique épuise la ressource. Notamment 95% pour le mobilier et 5% pour la facture des instruments de lutherie. Comme dernière étape pour la fabrication, le bois est séché pendant 10 ans.

Jérôme aime fabriquer des instruments avec le minimum de matière et souhaite qu’elle dure au moins 2 générations. Son choix pour un bon instrument porte sur quatre critères : un instrument équilibré, précis, avec un beau délié, et qui aura un minimum de puissance.

Enfin il a dit « avoir de la feuille ». Pour un luthier, c’est soigner l’instrument, le restaurer, ce n’est pas comme l’oreille musicale ou absolu du musicien. Il nous a montré son travail, une mandoline de 1800 napolitaine bien restaurée, une guitare jazz, une guitare jazz manouche et a confié être un grand amateur et fan du festival Django Reinhardt à Samois sur Seine.

Lily