Soixante cyclistes de l’AlterTour ont passé trois jours inspirants en Puisaye-Forterre

Mathieu Bourgogne-Franche-Comté, Edition 2020, Revue de presse

Parti de Grenoble le 8 juillet 2020, pour six semaines sur la route d’alternatives, l’AlterTour a fait halte trois jours en Puisaye-Forterre. Immersion à Toucy avec la soixantaine de cyclistes sur le site de La Californie.


Ils bravent les plombantes chaleurs à la force des bras et des pédales, vers des alternatives locales enrichissantes, économiques, solidaires, écologiques, alimentaires, énergétiques… Soixante participants européens (France, Belgique, Espagne, Pays-Bas…) de l’AlterTour, lancé à Grenoble le 8 juillet, ont posé vélos et tentes en Puisaye-Forterre, de mercredi 5 au vendredi 7 août. Après des arrêts à Chambéry, Annecy, Lyon, Cublize, Mâcon et Beaune.

À raison de 35 km en moyenne par jour, le peloton évolutif (très peu font le tour entier) rejoindra le 22 août Argenton-sur-Creuse (Indre). La performance sportive importe peu ici. La transition écologique et sociale, beaucoup.

« Chaque matin, on se retransmet les consignes sanitaires. »

« Ce tour va d’alternative en alternative pendant six semaines, en étant complètement co-construit par ses membres bénévoles tout au long de l’année », définit une altercycliste, ayant géré les préparatifs sur un tronçon de six journées. « Du Morvan jusqu’à la fin de la Puisaye. J’ai défriché les départements de l’Yonne et de la Nièvre, par des recherches et appels. » L’AlterTour 2020, un temps menacé par la crise de Covid-19, s’adapte. Prudent. « Chaque matin, on se retransmet les consignes sanitaires. »

Au-delà du campement installé mercredi 5 août au stade de rugby avec vestiaires mis à disposition, le site de La Californie a été le principal « accueillant » de l’étape poyaudine, comme on dit dans le jargon de l’AlterTour.

La résilience au cœur des thématiques

Jeudi 6 août, la journée sans vélo à Toucy portait sur les questions de résilience. Représentée, la Station de recherche pluridisciplinaire des Metz (SRPM), basée à Saint-Sauveur, a évoqué la restitution du bocage, l’aménagement des zones humides… « De chouettes échanges, retient Gaëlle Massé. On a terminé en récoltant des idées d’ailleurs, pour renforcer la résilience des systèmes alimentaires (eau, alimentation, territoire). » Quelques exemples d’ailleurs notés : banque de graines, valoriser les algues comestibles accrochées aux rochers, chariots et frigos de rue ou de cage d’escalier…

L’ »extraordinaire » potager de Toucy Entraide, « un gros coup de cœur pour plein d’altercyclistes »

Ont plu aussi : une lecture de paysages et une visite du potager solidaire de Toucy Entraide, entamé en octobre 2019. « Le traverser a été extraordinaire. Un gros coup de cœur pour plein d’altercyclistes, par cette initiative touchante et la vision sociale qu’il y a derrière », réagit une organisatrice. De l’émotion et du partage, sans détour. 

L’atelier vélo, « une porte d’entrée ». À La Californie, Camille anime avec Laurent l’atelier vélo. « Il a été une porte d’entrée pour l’AlterTour. L’occasion de faire le lien avec toutes les associations qui gravitent autour du site. » Jeudi, les mobilités douces se déclinaient en jeux de rôle autour de personnages type, en petits groupes. D’autres altercyclistes ont préféré construire une machine à laver mécanique.
Maîtriser sa chaîne de vélo, dégraisser à l’essence, remettre de l’huile… Durant deux heures, Camille a distillé ses conseils. « Tu te crois nul mais en fait, ne t’inquiète pas ! Tu vas voir qu’il y a plein de trucs que tu sais faire en observant ton vélo. » Alors pas de panique. « N’ayez pas peur, vous n’êtes pas nuls ! L’entretien de son vélo est à la portée de tout le monde. L’observer est déjà une étape de réparation. » Par aussi un concert organisé par la Poèterie (Saint-Sauveur), La Californie a su démontrer sa force fédératrice et sa dimension interassociative. « Pour dire qu’on travaille ensemble », valide Juliette Six. Même énergie de terrain déployée vendredi au jardin ressource Le P.a.r.c, à Louesme, avec notamment le café associatif Chez M’an Jeanne et Petit Pierre (Villeneuve-les-Genêts).

Vincent Thomas, L’Yonne Républicaine