L’ACIPA le 10 juillet à Notre-Dame-des-Landes

Mathieu Édition 2016, Lutte, Pays de la Loire

2016-07-10-Acipa-NDDLQuestion pour du pognon ! Top chrono : je suis un projet qui voit le jour dans les années 60. Mon étude d’utilité publique a été menée par un préfet qui travaille maintenant chez mon promoteur privé. Mon étude d’impact sur la biodiversité est bâclée avec « l’oubli » de plusieurs espèces végétales et animales protégées. Je me moque de la loi sur l’eau car mon lieu de construction comportant 98% de zone humide, détruira irrémédiablement 1650 ha de bocage d’un double bassin versant. Je fais miroiter un nombre d’emplois démesuré en relation avec le transport aérien. Je suiiiiiiiiiis ?… L’aéroport de Notre-Dame-des-Lannnnndes bien sûr ! Et bien sûr, les différents pouvoirs en place restent sourds aux légitimes protestations. Avec d’autres, les membres de l’ACIPA ont décidé de ne rien lâcher. De réunions publiques d’informations en manifestations, d’expertises indépendantes révélatrices des arnaques en rassemblements annuels festivo-militants, ce Grand Projet Inutile Imposé n’est pas près de voir le jour. Dernière escroquerie en date : un soi-disant référendum. Ou comment faire croire que l’on va demander démocratiquement un avis… sur un dossier pipé !!!!!

« Ne pas gaspiller nos biens communs »

NDDL« Nous sommes une des 11 familles expulsables. Le projet d’aéroport a été relancé alors qu’on soufflait notre première bougie. On a eu un coup de foudre pour le lieu, son voisinage agricole accueillant avec une CUMA, Coopérative d’Utilisation du Matériel Agricole. On s’est donc dit qu’on allait bien vivre de notre métier. Que cet environnement-là serait bon pour les vaches, qu’elles seraient souvent à l’herbe. C’est le classement en ZAD, Zone d’Aménagement Différé il y a 40 ans, qui a bien préservé ce territoire du schéma de développement intensif et des remembrements ! On ne veut pas gaspiller toutes ses ressources, les terres, le bocage en zone humide de plus en plus rare, les prairies naturelles, la beauté des lieux, tous ces biens communs. Cette lutte n’a de chance de l’emporter qu’en restant ensemble. C’est une des motivations à tenir ici : tu t’investis sur ce petit territoire car tu vis quelque chose de différent, où tout individu a une place. En tout cas, on fait déjà extrêmement attention à nos pratiques, mais dès l’abandon du projet, on continue avec notre conversion en bio. »

Sylvie, paysanne à Notre-Dame-Des-Landes

Extrait du Recueil des Alternatives de l’AlterTour 2016, disponible dans le numéro de juin de la Revue Silence.

L’ACIPA accueillera l’AlterTour les 9 et 10 juillet 2016 à Notre-Dame-des-Landes.