AlterTour. Un tour de Bretagne des alternatives

Mathieu Bretagne, Édition 2016, Revue de presse

L’AlterTour propose aux citoyens de découvrir et de relier à bicyclette les initiatives d’alternatives locales en agriculture, transport, construction ou culture. Cette année, les cyclistes font le tour de la Bretagne. Hier, ils se sont arrêtés aux Jardins de l’Évêché, accueillis par quelques associations quimpéroises.

Relier les alternatives à vélo, tel est le credo de l’AlterTour, arrêté hier aux Jardins de l’Évêché. Une soixantaine de cyclistes amateurs branchés alternatif se sont restaurés (wraps végétariens et curry de légumes locaux bio) avant d’enfourcher leurs petites reines pour rejoindre Quéménéven, lieu de leur prochaine halte. Cette année, l’AlterTour a choisi la Bretagne comme terre d’accueil. Parti le 9 juillet de Notre-Dame-des-Landes, le tour se terminera le 20 août à Rennes, après avoir sillonné la région.

« Militantisme joyeux »
L’AlterTour est né il y a huit ans, après la création de l’association AlterCampagne, elle-même fondée pour fédérer les associations et collectifs ayant participé aux Journées mondiales d’opposition collective aux OGM agricoles entre 2004 et 2008. « L’initiative est partie d’une envie de prolonger le mouvement en prenant la voie d’un militantisme joyeux », raconte Mathieu Fromont, coordinateur AlterTour au sein d’AlterCampagne. L’objectif : créer du lien entre les associations ou collectifs porteurs d’alternatives dans les domaines de l’agriculture, de l’énergie, du transport, de l’économie et de la culture. Pourquoi le vélo ? « Le vélo est un mode de déplacement doux, une alternative aux transports polluants. On aurait pu choisir la marche mais le vélo permet de couvrir un territoire plus important », explique Matthieu Fromont, avant d’ajouter en souriant : « Ne cherchez pas les cyclistes présents pour la performance sportive, il n’y en a pas ». En fin de peloton, le fourgon balai soulage ceux qui n’ont plus la force de pédaler.
Le tour propose aux citoyens volontaires de s’inscrire sur une ou plusieurs des étapes journalières, dont la distance oscille entre 30 et 60 kilomètres. Cette année, trois cents cyclistes se sont inscrits, avec en moyenne une cinquantaine de participants par étapes. « Les mouvements dans l’effectif sont très intéressants, on remarque la naissance d’un esprit de groupe, peu importe les personnes », note Coline Gufflet, coprésidente d’AlterCampagne. D’ailleurs, tout fonctionne sur le modèle de l’autogestion. Chacun participe aux tâches de la vie quotidienne : les courses, les repas et l’installation du campement lors des étapes ».

Vélo réseau
Avec l’AlterTour, les haltes sont aussi importantes que la pédale. À chaque étape, les participants rencontrent les porteurs d’alternatives du coin. À Plomeur, avant leur arrêt quimpérois, les cyclistes ont pu découvrir l’habitat léger avec les Kerterres, ces petits igloos en chanvre et chaux qui, une fois devenus inutiles, disparaissent sans laisser de traces. « Toutes ces initiatives donnent des idées, cela arrive souvent que des altercyclistes changent de vie après l’AlterTour », affirme Mathieu Fromont. Les arrêts sont également l’occasion d’organiser des ateliers réparation pour leurs montures, des conférences, des projections ou des concerts. Hier, le collectif Actes (Alliance citoyenne pour une transition écologique et sociale) a coordonné l’accueil du tour, invitant les associations Kernavélo, E-Ker, Eau et rivières, les Palais de Cornouaille ainsi que le conférencier Pierre Mollo qui en a profité pour partager ses connaissances sur le plancton. Petit à petit, le vélo fait son réseau.

Pratique
Altercampagne, site : www. Altercampagne.net ;
Actes, site : www.facebook.com.alternatibacor- nouaille, tél. 06.29.18.37.46.

Source : Le Télégramme