Altercampagne ? Mais kèskecé ?

Si aujourd’hui beaucoup connaissent l’AlterTour, peu savent que cette manifestation s’organise sous l’égide d’AlterCampagne.

En 2004 se déroule la première Journée Internationale d’Opposition Collective aux OGM agricoles (JIGMOD : Joint International GMOpposition Day). La forte montée en puissance de cette manifestation internationale annuelle nécessite la création d’une structure capable de fédérer les presque 1000 organisations partenaires au travers de 56 pays : AlterCampagne est née et bien née !!!

Le dopage généralisé.

AlterCampagne ne s’arrête pas là en se penchant sur la thématique du dopage.

Le dopage est un accroissement artificiel des performances aux conséquences systématiquement minimisées, voire sciemment oubliées, et pourtant si graves.

Le dopage dans le sport, tout le monde connaît. Mais ce concept de dopage peut-il être appliqué à d’autres domaines de la société ? Oui ! À presque tous même :

  • Les subprimes ? Dopage financier qui a artificiellement maintenu une économie déjà moribonde. Conséquence ? La crise mondiale de 2008 que maintenant tout le monde subit cycliquement. Enfin, surtout les pauvres…
  • Les pesticides et autres engrais de synthèse ? Dopage agricole provoquant un effondrement de la biodiversité, polluant nos rivières, nos campagnes, notre alimentation,…
  • Le nucléaire ? Dopage énergétique producteur de déchets dont on ne sait que faire et fournisseur d’une énergie destinée à alimenter le dogme d’une croissance infinie destructrice d’un monde fini.
  • La publicité ? Dopage commercial pour nous faire croire que le bonheur est dans « l’Avoir » plutôt que « l’Être ». Une logique consommatrice exacerbée de matières premières, génératrice de déchets, …
  • Le pétrole ? Dopant du transport, cette énergie « facile » permet de faire faire plusieurs milliers de kilomètres cumulés à un yaourt à la fraise avant d’arriver en pot dans nos étals. Avec les conséquences que l’on sait maintenant…

Vive l’AlterTour !

Alors plutôt que de déprimer, Altercampagne imagine relier des alternatives à ce dopage sociétal généralisé. Histoire de les mettre sous les feux de la rampe, de montrer qu’autre chose est possible. Cerise bio sur un gâteau équitable, ces alternatives seront reliées à vélo, afin de s’extraire au maximum du « Tout pétrole » : en 2008, l’AlterTour est né… et bien né aussi !

Collège solidaire, autogestion et consensus.

AlterCampagne fonctionne en autogestion. Chaque participant à l’AlterTour peut prendre part aux décisions tout au long de l’année à l’occasion des réunions plénières mensuelles de préparation de l’AlterTour. Ces décisions sont prises de manière consensuelle. L’association n’a ni président, ni secrétaire mais un Collège Solidaire (CS) dépourvu de toute hiérarchie. Ses membres sont désignés à l’occasion de l’Assemblée Générale annuelle. Ils gèrent collectivement les comptes et l’administration de l’association. les voici :

albertobaptistebrunocolineflorencefrancoisisabellejuliejuliettekeltoumphilippevalerievincentyome

A venir…

Vous souhaitez adhérer à l’association ? Téléchargez ici le bulletin d’adhésion.

Vous pouvez également consulter les statuts et la parution au journal officiel.

 

Le mémo-jargonette de l’AlterTour

accueillant.e.s – Sans eux, pas d’AlterTour ! Qu’ils nous hébergent, nous présentent leurs projets, partagent un moment de vie, ou nous communiquent leur révolte, ils donnent sens et substance aux territoires que nous traversons. Le passage de la caravane de l’AlterTour est l’occasion de rencontres étonnantes et on n’insiste jamais assez pour encourager les altercyclistes à s’ouvrir et échanger avec les personnes qui nous accueillent à chaque étape.

altercycliste – Tout participant à l’AlterTour peut se prévaloir du titre honorifique d’altercycliste, à ne surtout pas confondre avec un AlterTouriste, qui lui peut très bien ne jamais avoir mis de sa vie un seul pied sur une pédale !

alternatives  – Qu’est-ce qu’une alternative visitée par l’AlterTour ? Il n’existe pas vraiment de critères absolus, ce peut être n’importe quelle alternative à la société de dopage généralisé. C’est donc vaste et il y en a beaucoup heureusement ! Il peut s’agir autant de luttes contestataires que de projets menés par des collectivités locales, en passant par des initiatives citoyennes.

autogestion – Comme il y a autant de définition de l’autogestion que de gens qui la pratiquent, c’est un sujet souvent discuté à l’AlterTour. Pour synthétiser, il s’agit d’un mode d’organisation sans hiérarchie formelle, où toutes les personnes qui s’impliquent dans le projet peuvent participer aux décisions prises autant que possible de manière consensuelle. Cela implique aussi que personne n’a de rôle attitré et que tout le monde participe au bon déroulement de l’AlterTour.

bienveillance – En partant du principe que chaque protagoniste de l’AlterTour aspire à un monde respectueux de la nature, des humains et de la diversité de la vie, les différentes manières de traiter des questions de tout ordre que ce soit sont abordées dans un esprit d’écoute, de persuasion et de débats ouverts. Chacun.e est accueilli avec bienveillance, dans ses contradictions, son histoire, ses humeurs et ses choix d’engagement. Il n’y ni conditions, ni échelles d’implication qui classifient les participants les uns par rapport aux autres. Seule compte la volonté d’avancer vers un monde qui respecte les grands équilibres de notre planète.

briefing / notre point quotidien – De nombreuses tentatives ont été lancées pour trouver un autre nom, mais aucune n’a abouti pour l’instant. C’est vrai que ce n’est pas le truc le plus sympa de l’AlterTour, mais il est essentiel : c’est le moment où on se répartit les tâches pour le lendemain : vaisselles, conduite des véhicules, préparation des repas, répartition des vélos, installation des toilettes sèches, chargement du camion, tout y passe, ça prend du temps. C’est là que bat le cœur de l’autogestion quotidienne.

cercle de parole – Régulièrement durant l’AlterTour sont organisés des cercles de parole auxquels tout le monde est encouragé à prendre part. L’ensemble des altercyclistes s’assoient en cercle de façon à ce que chacun voit tous les autres. Chacun.e à tour de rôle prend la parole sans que personne ne l’interrompe et s’exprime sur le sujet qu’il/elle souhaite. Il s’agit généralement de ses impressions, de son ressenti, mais aussi d’une situation qu’il/elle a vécu. Chacun.e peut bien évidemment se taire et passer sa parole. Ce moment collectif est essentiel pour la régulation de la vie de groupe.

collège solidaire – Selon la loi, toute association doit être représentée par des personnes élues par l’assemblée générale. A l’AlterTour, ces personnes sont constituées en collège solidaire comprenant au moins 7 membres, il n’y a donc pas de rôle attitré (président, secrétaire), à part celui de trésorier pour des questions pratiques. Le collège solidaire se réunit en général le vendredi soir avant les plénières.

consensus – Décider sans voter, c’est possible. Cela s’accompagne souvent de longues discussions, parfois houleuses, mais des méthodes adaptées et les outils de l’éducation populaire sont des aides précieuses pour trouver la solution idéale dans laquelle tout le monde se reconnaît. Décider par consensus nécessite aussi une certaine expérience, une excellente capacité d’écoute, une confiance dans l’intelligence du groupe. C’est un apprentissage qui constitue certainement l’une des richesses pour celles et ceux qui participent à la préparation de l’AlterTour.

convivialité – Avec la coopération, la bienveillance, la recherche de consensus ou la solidarité, la convivialité constitue l’esprit et l’ambiance de l’AlterTour. Ce n’est pas seulement de la bonne humeur et du plaisir d’être ensemble, c’est aussi un rapport aux autres, une forme d’organisation, une manière d’utiliser les outils et les machines qui privilégient l’être humain et son appartenance à la vie. La convivialité, c’est un art de vivre qui est au cœur de l’AlterTour.

décroissance – Pour tenter d’enrayer la course folle vers l’abîme, l’AlterTour estime que la décroissance économique en Europe et dans les autres pays dits « développés » peut être une solution intelligente. L’AlterTour s’efforce de s’accorder avec les idées de la décroissance tant par ses pratiques qu’à travers les alternatives qu’il rencontre.

désobéissance civile – Face aux injustices, aux aberrations des décisions politiques ou à l’urgence de certaines situations, la désobéissance civile constitue une réponse légitime pour améliorer les conditions de vie et la dignité humaine. Le mouvement des faucheurs volontaires d’OGM, les collectifs de soutien aux sans-papier, les squats d’immeubles laissés à l’abandon, les actions anti-pub, les vélorutions ou encore l’occupation de terres menacées par des projets inutiles sont autant d’exemples d’actions de désobéissance civile. Dans la mesure de ses moyens, l’AlterTour apporte son soutien à ces mouvements, tout en laissant à chaque altercycliste le choix de participer à de telles actions.

dopage – Le slogan de l’AlterTour est « pour une planète non dopée ». Au niveau sportif bien évidemment, et c’est le cas de dopage le plus connu. Mais il existe de multiples autres formes de dopage : en agriculture avec les pesticides de synthèse et les OGM, dans les transports avec le pétrole et ses avatars fossiles, dans la production électrique avec le nucléaire et le charbon en particuliers, dans la finance avec les paradis fiscaux, dans la communication avec les réseaux sociaux numériques et la téléphonie sans fil.

maillot jaune – A l’AlterTour aussi, le maillot jaune est très convoité et il peut y en avoir même deux simultanément. Chaque jour, c’est une autre personne qui le porte : il est toujours le dernier du peloton ! Il ferme le convoi et s’assure que personne ne reste en arrière. Il répare les petites pannes avec la trousse de réparation et peut soigner les bobos bénins avec la pharmacie. Il encourage celleux qui ont un petit coup de mou. C’est un rôle essentiel que chacun devrait tenir une fois pour ressentir et porter l’esprit de l’AlterTour.

militantisme – A l’AlterTour, on pratique le militantisme joyeux, cela signifie que le but est tout aussi important que la manière d’y arriver. Ou comme l’exprimait Emma Goldmann : « si je ne peux pas danser ici, alors ce n’est pas ma révolution ». Dans sa pratique militante, l’AlterTour essaie d’utiliser le plus possible les outils et les techniques de l’éducation populaire.

plénière – Une fois par mois, toutes les personnes qui préparent l’AlterTour se réunissent en plénière durant tout un week-end pour discuter de l’avancée et de tout sujet qui a trait de près ou de loin à l’AlterTour. Cela se fait souvent à Paris pour des questions de commodités, mais se réunir dans d’autres villes est fortement encouragé. C’est au cours des plénières que se prennent les décisions importantes.

tuilage – Pour une autogestion vivante et dynamique, la transmission des informations et des expériences est essentielle. Pour cela, l’AlterTour encourage le tuilage : chaque personne responsable d’une tâche accompagne celle qui prend le relais pour lui expliquer et l’aider afin qu’elle maîtrise la tâche dans les meilleures conditions. C’est le cas notamment pour le suivi du stock de nourriture, l’accueil des nouveaux arrivants, le maillot jaune ou la gestion des inscriptions.

vélorution – Pour se regrouper dans le trafic hostile de la circulation automobile, les cyclistes militant.e.s se regroupent en mode vélorution, c’est-à-dire qu’ils forment une « masse critique » (critical mass en anglais) pour s’imposer face aux utilisateurs motorisés et inverser les rapports de force qui prévalent généralement dans le trafic urbain. Il vaut mieux être au moins une quinzaine de cyclistes pour former une vélorution où tous les participants restent en groupe compact quoiqu’il arrive.