L’AlterTour rencontre les habitants du Loiret qui s’engagent pour une agriculture, une urbanisation, une forme d’habitat plus écologiques

Mathieu Edition 2020, Centre-Val de Loire, Revue de presse

Cette année, l’AlterTour, le tour de France cycliste des alternatives sociales et écologiques, fait étape dans le Loiret. Ils étaient ce samedi à Châlette-sur-Loing et resteront jusqu’à mardi, dans le département, en rencontrant ceux qui s’engagent.

Au fond de la ferme urbaine De la fourche à la fourchette de Guillaume Sampé, à Châlette-sur-Loing, une soixantaine de cyclistes sont assis devant un tableau. Ils se répartissent les tâches du lendemain, avant de visiter l’exploitation maraîchère, située à deux pas du centre-ville. Ils ont installé leurs tentes, dans le terrain, leurs vélos se reposent des kilomètres avalés, et les chargés de la logistique s’occupent des légumes pour les repas. Le tout est participatif, chacun s’investit à sa façon sur les différentes tâches qui ponctuent les journées de l’AlterTour.

Ce samedi 8 août, les cyclistes de l’AlterTour faisaient une première étape dans le Loiret, après avoir parcouru une cinquantaine de kilomètres depuis Villeneuve-les-Genêts (Yonne). « L’AlterTour est parti le 8 juillet de Grenoble, et nous arriverons le 23 août, à Argenton-sur-Creuse, soit 1.400 kilomètres. L’objectif est de découvrir des initiatives intéressantes sur le plan écologique et social, en termes de transport, d’habitat, d’agriculture… », précise Mathieu Formont, coordinateur de l’association Altercampagne.

Cette année, ils seront 450 cyclistes inscrits à se relayer sur la totalité du parcours. « Depuis deux ans, nous sommes complets. Lors des deux premières éditions, il y avait maximum 120 personnes », se réjouit-il.

Des initiatives locales

Ainsi, dans le Loiret, ils s’arrêteront, ce dimanche soir et lundi, à Bou, et rencontreront le collectif Le village de la Loire qui se bat contre le projet du conseil départemental de construire la déviation de Jargeau. Ils parleront aussi de différentes « luttes locales contre l’artificialisation des terres et la privatisation du monde ». Mardi 11 août, ils seront à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin, pour découvrir la maison intergénérationnelle Anne et Siméon.

Les cyclistes, qui doivent s’inscrire, participent sur le nombre d’étapes qu’ils souhaitent : « En moyenne, ils restent sept jours, mais nous avons deux cyclistes qui sont là depuis le début », précise-t-il.

Il s’agit de deux jeunes femmes, Marie Lhermitte, Toulousaine, et Marie Haméon, Nantaise. « J’ai voulu participer, car tous les ingrédients me plaisaient : être dehors, être en collectivité. Je n’avais jamais fait de randonnée à vélo, je voulais un cadre sécurisé. On va à notre rythme », justifie cette dernière. Elle a été particulièrement marquée par la rencontre avec un éleveur, Johan, de la ferme du Ponant, « il a un rapport particulier avec ses vaches, quand elles sont âgées, ils ne les vend pas, il les emmène jusqu’à leur fin de vie, il n’est pas dans une démarche productiviste ».

Un état d’esprit et une ambiance atypique

Marie Lhermitte était très attirée par les rencontres avec des agriculteurs, afin de construire son projet professionnel, « et j’ai des valeurs profondes pour la transition écologique, l’environnement. C’était un challenge mais je vois que le voyage à vélo est tout à fait possible ». Elle ne continue pas le parcours et s’arrêtait ce samedi soir, mais restera marquée par certaines initiatives, comme cette expérience de traction animale chez un maraîcher, que les cyclistes ont découverte au Château partagé en Savoie. 

Toutes deux apprécient l’état d’esprit qui règne sur l’AlterTour. « C’est très fort », décrit Marie Lhermitte. Confiance, liberté de pouvoir parler de ses projets sans passer pour des utopistes, cohésion, autogestion, effort physique sur plusieurs jours, aspect intergénérationnel de la démarche, sont autant de choses qu’elles apprécient sur l’AlterTour.

Cindy Roudier-Valaud, La République du Centre