Au club dinette, on consomme mieux et on se marre mieux

Carlotta Edition 2021, AlterTour, Alimentation, Culture, Education, Normandie

Décarbonons-nous !

Après quelques magnifiques kilomètres entre bocage et mer, et quelques frayeurs lorsque des dizaines de tiques sont découvertes sur les jambes musclées (qui donnent lieu à des scènes loufoques dignes d’épouillages primates), les altercyclistes sont accueillis par le groupe de désobéissance civile Extinction Rebellion de Cherbourg. Aux fanions de l’AlterTour se joignent des pancartes interpellant sur le climat et la biodiversité, et c’est parti pour une Vélorution ! L’idée de ce joyeux défilé militant et pédalé est de réclamer plus de place pour les vélos dans la ville, et les slogans scandés le long du port font tourner les têtes des autochtones comme des touristes. L’après-midi se poursuit avec un atelier de réflexion sur le thème « vie bas carbone » et une action de végétalisation : avec des palettes, du compost et des graines, on peut rendre la ville plus verte !  

Bouffe, binouze et teuf mais pas que !

Après cette journée riche en actions, c’est un havre de paix que rejoignent les cyclistes éreintés : le Club Dinette, dans le centre de Cherbourg, anime toute la rue bloquée par un chantier, tables et chaises occupants trottoirs et chaussée. Léonie, employée dans ce bar-resto-mais-pas-que, a tout l’énergie nécessaire pour expliquer l’âme de ce cocon vibrant créé par Marie et F-X il y a presque 4 ans. Ce lieu d’échange et de rencontre vise à sensibiliser à l’écologie, et propose un menu minuscule qui change chaque semaine. Côté assiette, pas de viande rouge car trop difficile d’en tracer l’origine, mais de la viande blanche locale de temps en temps, et toujours des options véganes et sans gluten. Côté verre, des brasseurs situés à 15km fournissent même des cuvées spéciales, brassées toutes exprès pour ce lieu atypique. Pour l’anti-gaspi, il y a les jus maison faits à partir de fruits moches mais délicieux, et le composte. Et dans les toilettes ? Une friperie, pardi ! En association avec un centre de tri, les trouvailles réparées sont vendues à prix modiques et incitent à consommer autrement, une cravate à la fois !

Les événements fleurissent, comme les soirées « lève les yeux »on laisse son téléphone dans une boîte pour mieux échanger ou, avant la pandémie, les « Boums » où les DJs s’enchaînent de 16h à 2h. « Il y a du bordel, du monde, on a hâte de reprendre ! » dit Léonie.

Cette façon d’éveiller les consciences fait tourner la boutique : l’équipe compte désormais 13 personnes et est fière de créer des emplois. Ce que ça montre, selon Léonie, c’est que l’écologie est quelque chose qui reste, et pas seulement une mode de bobos bouffeurs de graines ! A l’AlterTour, on est bien d’accord !