Portrait d’altercycliste : Robin

Pauline Edition 2021, AlterTour, Témoignages

Tous les ans, une équipe de rédacteurices de l’AlterTour participe à l’écriture d’un supplément pour la revue S!lence où sont présentées certaines alternatives visitées au cours de l’été ainsi que des portraits d’altercyclistes dont la vie a changé, d’une manière ou d’une autre, après leur participation au Tour.

Si toi aussi tu as envie de raconter comment rouler avec l’AlterTour ou l’Alter-D-Tour a enclenché pleins de déclics dans ta caboche, envoie un mail à contact@altertour.net pour te signaler et un.e membre de l’équipe Plumes te recontactera !

Ci-dessous, un témoignage paru cette année, celui de Robin.

Photo de groupe devant la mairie d’Alizay en juillet 2021, saurez vous repérer la bouille de Robin ?

« Participer à l’Altertour ne m’a pas conduit à un changement radical, j’étais déjà sensibilisé à tous les sujets sur lesquels j’ai pu échanger pendant le tour, avec les autres participant.es ou les accueillant.es. Mais cette expérience a été un catalyseur qui m’a donné force et courage pour continuer sur mon chemin.

D’abord, j’ai réalisé qu’il est possible de faire beaucoup de kilomètres à vélo ! Avec cette nouvelle philosophie du déplacement, j’ai pris en compte les trajets au moment de changer de logement pour rendre la bagnole moins indispensable, et pouvoir faire plus de trajets à la force des pédales dans la vie de tous les jours ! Un autre thème où changer un peu mon organisation au quotidien me permet d’avoir des actions plus alignées avec mes valeurs, c’est la bouffe ! On mange de qualité à l’Altertour et si c’est à portée de main quand on est 60 en itinérance, alors ça doit être possible pour moi aussi. Je fais donc plus attention à ce que j’achète, en évitant les supermarchés.

J’ai aussi eu un déclic concernant le féminisme. Dans ce groupe où les altercyclistes femmes sont en légère majorité, et où la bienveillance est reine, j’ai été amené à une remise en question sur notre société, où le sexisme ordinaire est de mise, et sur le rôle que j’y joue ! Je continue de penser que l’on peut rire de tout mais je me rends maintenant compte que les boutades macho peuvent participer à renforcer les stéréotypes, alors je suis beaucoup plus attentif aux mots qu’on utilise.

A travers cette belle expérience humaine et militante qu’est l’Altertour, j’ai eu tellement d’échanges et de partages sur ce qui permet une société plus résiliente, qu’au final tous les aspects de ma vie ont été impactés ! En plus de ceux déjà cités il y a le réseau associatif local : j’y étais déjà engagé mais j’y suis encore davantage aujourd’hui. Également dans mon travail : j’ai envie d’y trouver du sens et de participer plus à des activités locales. Ça n’a peut-être l’air de rien, choisir de bosser la saison d’hiver avec des mushers plutôt que dans les remontées mécaniques. Mais si les deux sont des activités de loisir, elles n’ont pas les mêmes répercussions sur l’environnement et n’impliquent pas le même contact avec la nature.
Enfin être témoin et participant de l’organisation d’un si grand groupe à l’horizontale et qui fonctionne, ça me convainc plus que jamais de la force du collectif ! »