On s’échappe quelques jours en Belgique !

Jonas Edition 2022, Agriculture, Alimentation, Belgique, Bière, Echappée Belle, Culture, Education, Environnement, Habitat, Social, Transverse, Vélo

Réveillé.e.s par le chant énergique des choucas, mes 23 camarades et moi nous activons gaiement, animé.e.s d’un nouvel élan sûrement propre au premier jour. 

Hier soir, en quelques instants, des tentes de tous styles ont éclos dans le sous-bois de chez RadisKale. Je m’émerveille de cette riche floraison, curieuse de découvrir les êtres cachés derrière ces pétales, habilement représentés par Ambre aux crayons de couleur.

Notre « salle à manger », à côté de RadisKale.

RadisKale est une coopérative de 6 maraîcher.e.s installé.e.s à Anderlecht depuis 2019, grâce au soutien de l’ASBL (association sans but lucratif) Terre-en-vue pour louer les terres. 

8h : Laura, N.I.M.A.cultrice (« non issue du milieu agricole) » passionnée, nous propose une visite de cet espace d’1,5 hectare. Elle nous fait découvrir les différents types de frites (des plates-bandes, pour les autres on attendra…), les serres, l’arrosage goutte à goutte, la pépinière, le jardin mandala, la haie brise-vent, les arbres, l’abri pour hérissons, les futures buttes… Petit à petit, la permaculture prend sa place.

Hier, à mon arrivée, j’ai pu participer à la plantation de tomates. Ici, tout est fait manuellement : sortez vos brouettes, grelinettes, et serfouettes ! Ces rimes légères tendent à être remplacées par un non travail du sol – dans la mesure du possible. Laura nous partage les problématiques et réflexions du groupe autour des aspects financiers, communicationnels et organisationnels de ce projet agricole engagé.

Un bout de jardin qui semble si paisible pourtant à côté de Bruxelles

Les légumes (choux-fleurs, carottes, poivrons, tomates…), fruits, fleurs et aromatiques de ces terres sont vendus dans des épiceries collaboratives ou des paniers GASAP (Réseau des Groupes d’Achat Solidaires de l’Agriculture Paysanne) à prix fourchette (3 prix proposés). D’autres ravissent nos papilles. 

9h30 : Neuf heures trente, les sonnettes chantent ! Direction Forest au sud de Bruxelles. La chaine de l’entraide est huilée, les pédaliers sont actionnés, les pédales nous entrainent, l’énergie remonte jusqu’aux langues …. Ce cycle vertueux nous amène chez Maxima.

La drôle de sculpture qui trône à l’entrée du lieu.

10h : Dans cet ancien bâtiment de 6000, Annaëlle nous fait voyager de salle en salle : bureaux partagés, artisanat, sport, logements, audiovisuel… Les ambiances varient, reliées par l’expérimentation, l’engagement et la créativité.

L’inertie est inconnue. Chaque espace est façonné au gré des occupant.e.s, des projets réalisés… Dans cet univers flexible s’inscrit la souplothèque : ici, point d’étirement des corps mais un yoga des textiles. Un grand fouillis d’anciens matériaux souples se réincarnent avec agilité pour de nouveaux usages.

On s’émerveille de tous les espaces existants.

Un fil est tissé par Charlotte, que nous suivons de chez Maxima à la Serre dans le quartier d’Ixelles (Bruxelles). Ces 2 lieux sont gérés par ses occupant.e.s et par l’ASBL Communa. La mission de ses 20 membres ? Occuper temporairement des bâtiments vides pour y développer des projets socio-culturels d’intérêt collectif impactant la ville sur le long terme. 

À La Serre, un bar coloré a permis au groupe de se désaltérer avec des délicieuses boissons.

La Serre revitalise ainsi le quartier depuis 2017. Au sein du grand hangar coloré, des spectacles, auberges espagnoles, ateliers cuisine, ateliers vélos… contribuent à l’intégration de toustes et à l’alimentation durable. Dans les bâtiments adjacents, se trouvent aussi des logements pour 8 personnes et un atelier partagé pour artistes.

Les tuppers se vident dans une ambiance conviviale, les échanges sur l’intelligence collective se poursuivent pour certain.e.s … Décider ensemble oui, tout en acceptant d’accorder sa confiance à chacun pour initier librement des petits projets !

On se repose avant de prendre la route.

Je me sens si à l’aise dans ce lieu plein de vie, que je bascule avec joie sur les jambes de Marion qui nous guidera en accro yoga à chacune de nos pauses. Je m’écroule ensuite dans un canapé, bercée par le doux ronflement de Pierrot.

14h : Nous quittons la région de Bruxelles pour aller explorer le Brabant Wallon, en passant par la forêt de Soignes… Dans le bois de la Cambre, de grandes allées bordées de hêtres guident nos roues, et perdent nos esprits ! Long moment d’attente au cours duquel Alice m’explique patiemment comment différencier le hêtre du charme : « Le charme d’Adam, c’est d’être à poil ». Première échappée : un petit peloton s’est égaré, récompensé par des gaufres au château de la Hulpe où nous les retrouvons. Plus de rires que de panique. Nous revoyons notre système de fléchage humain, nous rappelant l’importance de la communication en groupe.

Après s’être scindé, le groupe se retrouve devant le château de La Hulpe.

Une trentaine de kilomètres plus loin, après une belle Ascension sur nos 2 roues – accompagné.e.s de nos 2 pattes pour la plupart, nous arrivons à l’Arbre qui pousse à Ottignies. Non pas pour nous envoler en ce jour saint, mais comme me suggère la touche humoristique d’Elina, pour prendre de la hauteur.

Au menu : fromage frais de brebis aux herbes, vin rouge et délicieux risotto concocté par nos cuistos du jour. 

Discussions, éclats de rire et jeux s’entremêlent dans le confortable salon aux poutres apparentes… 

Nos corps se délassent au sauna loué pour la soirée. 

Nos 408 muscles linguaux, inépuisables, ne se reposeront qu’au coucher…  

Que je me sens heureuse de faire partie de cette aventure nomade en collectif !