Ce Weekend de réparation des véhicules de l‘AlterTour (WERVA pour les intimes), c’était mes retrouvailles avec Altercampagne après près de deux ans d‘absence. Alors, bien sûr, je rêve de vous décrire en longues phrases ampoulées le bucolique chant du rossignol dans la praire-camping (toute la nuit bord**!!), la pâte croustillante des pizzas cuites au rocket- stove, le concert planant et l’amour qui coule à flots (comme la bière, diront certain.es). Mais tous ces éléments incroyables font partie du quotidien d‘Altercampagne, oui oui! Aussi, pour éviter les redites, je vais plutôt essayer autre chose.
Ce qui fut accompli pendant ces trois jours :
Un résumé de ce qui fut réalisé pendant ce séjour à la ferme de la Maladière, dans les monts Lyonnais :
- 135 réparations sur les 21 vélos de l‘asso, prêts à pédaler cet été!
- Un réunion du collège solidaire et des réunions de divers cercles de travail et des préparateurices d’étapes
- Une ultime relecture du recueil de portraits d‘alternatives et de cyclistes, prêt à être imprimé et glissé dans la prochaine revue S!lence
- Un grand ménage de printemps, réorganisation et inventaire du contenu de l‘Iveco
- La tant attendue réparation de la remorque à vélos : ponçage, soudure, peinture!
- Des prises de décisions collectives sur les prix du Tour et des Échappées Belles
- De nouveaux noms pour les vélos (mes préférés : Anar‘cycle et Galette-Slow-Cycle)
- Un test de tampons de notre logo sur vêtements, éventuelle solution au dilemme des T Shirts AlterTour.
Prendre des décisions épineuses à 30
À l’AlterTour, beaucoup de décisions sont prises pendant les plénières, et ce WERVA n’a pas fait exception. Parfois, ce sont des décisions faciles, parfois, des sujets plus délicats, comme le fromage ou l’argent !
Il avait été précédemment décidé qu‘une partie des bénéfices réalisés l’an dernier serait dépensés sous forme d’enveloppe solidaire de 3000€, pour permettre à des personnes en difficulté financière de participer au Tour. Il restait de nombreuses questions à trancher, collectivement bien sûr ! Alors, ça se passe comment ? Un tel processus requiert un savant mélange de préparation et structure d‘un côté, et de flexibilité et adaptation à ce qui se passe pendant les débats de l‘autre ! Concrètement ?
- Les décisions avaient été très bien préparées en amont : quel est le contexte ? Que reste-t-il à décider ? Avec quelle méthode ?
- Certaines décisions ont été prises assez rapidement au consentement (répartition de l‘enveloppe entre l‘AlterTour et les Échappées belles par exemple)
- Pour chaque question, après une présentation de la décision à prendre et des options (ou de l‘option) proposées, suit un tour de clarification (questions de compréhension des enjeux, de la réalisation…) et un tour de discussion (partage d‘opinions, de points de vigilance, de leçons tirées d‘expériences dans d‘autres collectifs…). Enfin, vient le vote ! Il prend différentes formes selon la méthode utilisée.
La question qui souleva le plus de débats fut celle du montant minimum pour les participant.es bénéficiant de l‘enveloppe solidaire : possibilité de gratuité totale, ou montant minimum symbolique de 1, 2, ou 3 € ? Des voix ont soulevé des inquiétudes, d‘autres ont avancé qu‘il faudrait demander davantage, par exemple 12€ par jour, ce qui représente les coûts des repas bio servis sur le Tour. Avec la méthode du jugement majoritaire, chacun.e a indiqué, en se mouvant dans l‘espace, son opinion sur chaque option, de „très bonne“ à „à rejeter“ et tout ce qui se trouve entre les deux.
Alors que les discussions semblaient être dans une impasse et que les vélos attendaient impatiemment d’être réparés, il fut sagement décidé de reporter la décision finale au lendemain. Et, tant qu’à faire, de tester une nouvelle méthode de prise de décision : le consentement systémique ! Dans ce cas, on n’indique pas l’adhésion à chaque option, mais plutôt quel est notre niveau de résistance à ce scénario : de zéro (pas de résistance, je me sens à l’aise avec cette option) à 2, 5, ou 10, le choix du niveau maximum revient aux modéateur.ices. (Bonus pour l’option qui va jusqu’à deux seulement : on peut voter en levant zéro, une ou deux mains, et cela reste facile à compter, parce qu’allez compter les doigts dans un groupe de 30 personnes répartis dans une stabule, j’espère que vous avez un bon ophtalmo !).
Alors que la veille, il était question de compromis, d’aller peut être vers un tarif minimum à 3€ par exemple, la méthode du consentement systémique a très clairement montré que l’option qui suscitait le moins de résistance au niveau collectif, c’était la possibilité de gratuité. Un résultat intéressant !
Ces méthodes, si riches soient-elles, ne remplacent pas le dialogue qui nourrit les échanges et peut faire d’avis, mais aident à prendre des décisions qui font sens au niveau collectif.
Nous avons tout au long des débats gardé à l’esprit que tout ce que nous faisons est une expérimentation, dans laquelle nous avançons avec optimisme et confiance, et que si ça ne marche pas, eh bien, au moins on aura appris quelque chose.
Une belle leçon d’auto-gestion, ce WERVA !
Mais attendez, je voulais encore vous parler des bourdons qui butinent, de la tarte végane à la banane du dernier soir et du yoga-brossage de dents… Revenez !!
Alterjournaliste : Carlotta






