[EB Alpine] 1er août: Les petites Mûres et la Ferme du Maquis

Edition 2026, Auvergne-Rhône-Alpes, Agriculture, Alimentation, Echappée Belle, Culture, Education, Environnement, Habitat

Ce 1er août 2026 les altercyclistes de l’échappée belle Alpine se réveillent à 7h au hameau du murier dans les hauteurs au sud-est de Grenoble. Le soleil se hisse tout juste au-dessus des cimes des montagnes. Ici aux petites Mûres le point vue depuis le jardin sur la vallée de l’Isère est à couper le souffle. Le collectif d’accueillant.es, constitué actuellement de 10 personnes associées en SCI (dont une de nos prépas étapes !) ont séduit par leur projet la précédente propriétaire de cette maison qui l’avait luxueusement aménagée. Iels l’ont intégré début février pour y vivre ensemble avec un fonctionnement de grosse coloc, leur raison d’être : « Les petites Mûres font vivre un lieu joyeux, bienveillant et accueillant où leur membres font tribu. Iels apprennent, grandissent et vieillissent ensemble, dans le partage, la sobriété et le soin à l’environnement ».

Parmi les 10 occupant.es on compte notamment un couple Anaïs et Antoine travaillant à la ferme voisine, la ferme du Maquis sur la colline du Mûrier. Tout juste reprise en janvier 2026 par un jeune collectif, la ferme appartient à la métropole de Grenoble depuis 2012. On y diversifie beaucoup les activités.

Tout d’abord Charlène et Nicolas élèvent 55 chèvres en pâturage sur coteaux, elles entretiennent ce milieu de pelouse sèche avec sa biodiversité (notamment de papillons) en régression sur la métropole. Le lait transformé directement sur la ferme sert à la fabrication et à la vente de fromages au lait cru (faisselles, fromages frais ou affinés) et de produits laitiers (yaourts, crème dessert au chocolat). Les chèvres en pause de production l’hiver doivent mettre bas chaque année, 15 chevreaux sont destinées au renouvellement du troupeau, les 40 autres sont engraissés sur place avant d’être envoyés, autant que possible à l’abattoir de Grenoble (de moins en moins accepté par les abattoir en France pour raisons de rentabilité, avec une consommation réduite de leur viande en France, l’abattage risque de plus en plus d’être délocaliser en Italie et en Espagne ou dans les pays de l’Est dans de moins bonnes conditions). La durée de vie des chèvres est ici prolongée à 9ans, environ le double de ce qui se pratique couramment, un léger compromis sur la production de lait réduite de 3,5L de moyenne au lieu de 4L par chèvre et par jour. De même des boucs de races rustiques plus résistantes ont été choisis dans une volonté à terme de passer de deux traitements chimiques antiparasitaires actuellement, à zéro avec des interventions seulement au cas par cas. À noter également, les chèvres sont rentrées le soir, de plusieurs attaques de loup dans les environs dissuadent pour l’instant les éleveur.euses de prolonger la pâture la nuit tombée au dépend de la production.

Parmi les autres activités on compte la ferme pédagogique. Une zone d’accueil est dédiée aux scolaires au public l’été. À côté on trouve un poulailler de poules pondeuses, un jardin pédagogique de plantes aromatiques et médicinales et une mare avec des libellules et des batraciens. On y parle aussi biodiversité et insectes.

La vente se fait en partie sur place deux fois par semaine dans le magasin de producteur, ainsi que sur plusieurs marchés des environs et par des AMAP.

Une activité de maraîchage se met en place, elle démarre vraiment en 2027 avec des légumes de primeurs se renouvelant vite dans 6 serres et plusieurs planches.

Enfin le collectif organise des guinguettes et autres événements l’été comme la fête de cette soirée du 1er août.

C’est à cette ferme que nous sommes attendus dès 8h pour des chantiers participatifs au frais car cette première journée d’échappée belle qui s’annonce chaude. Un premier groupe d’altercyclistes prépare une parcelle au maraîchage. Il s’agit de nettoyer le terrain à côté de la future zone de culture, une véritable décharge sauvage, où se mélangeait pèle mêle vieux bidons d’huiles, bouteille vides, batterie, morceaux de toiture en amiante, rouleau de grillages, ronces et fils de fer barbelés. Triste héritage des précédentes occupations, désormais nettoyé et expédié à la déchetterie.

Le second groupe a pu préparer un lit de gravier à destination d’une future culture de plantes médicinales et aromatiques.


La préparation des festivités du soir commence également, certain.es réalisent des panneaux signalétiques ornementés.

L’après midi la préparation continue avec la confection de planches pour le repas du soir pendant que des altercyclistes tiennent à tour de rôle le stand de crêpes.

Ça y est la soirée démarre ! La colline arrosée par les rayons dorés et obliques du soleil couchant, Juju une habitante des petites Mûres nous donne un concert où elle interprète à la guitare différentes chansons, parmi lesquelles «Jimmy» de Moriarty.

La soirée se poursuit ensuite jusqu’à très tard avec un karaoké, heureusement demain on ne roule pas encore !

Alterjournaliste: Mathieu.