Akira Lavault, de la Maison Glaz, nous a emmené le long du littoral pour nous offrir une lecture politique, philosophique, hydrosédimentologique et juridique du territoire littoral de la presqu’île de Gâvres.

Photo : ganivettes.
La balade sous le soleil permet d’abord de découvrir une plage qui était de sable fin il y a 50 ans et est aujourd’hui constellée de rochers granitiques. Elle montre que les paysages sont façonnés par le vivant : l’impermanence perpétuelle du littoral nous amène à nous réconcilier avec l’impermanence.

Akira a expliqué que le littoral était une interface de 6 sphères: l’atmosphère (ciel, tempête, vents et climat), l’hydrosphère (eau salée, eau douce et le cycle de l’eau), la biosphère (la végétation, les hirondelles des rivages, les huîtres: des expériences de récifs huitriers permettent de lutter contre la houle…), la lithosphère (les rochers, le minéral) l’anthroposphère (les aménagements humains) et la cryosphère (les glaciers). Ces 6 sphères sont une tresse de côte, plutôt qu’un trait de côte, formée de ces 6 fils et quand on en fait bouger un, tout bouge.


Nous sommes arrivé.es au vieux village de Gâvres, village blotti, avec des maisons mitoyennes face à l’Est, dos au vent, plus résilientes finalement que les maisons récentes avec de larges baies vitrées orientées à l’Ouest qui peinent en cas de forts vents.
On ne peut pas lutter éternellement contre la mer, les dunes bougent, les digues peuvent s’écrouler faute d’entretien. Ne faudrait-il pas accepter que Gâvres redeviennent l’île qu’elle était ?
Il ne faut pas de mal-adaptation au changement climatique mais une vraie adaptation, avec des solutions fondées sur la nature et pensées avec les parties prenantes, en redonnant du pouvoir d’agir aux habitant.e.s.
A Gâvres, plutôt que continuer à créer des digues qui ont des impacts négatifs à terme sur le sable de la plage, ont été créées des zones de restauration de la dune (ganivettes). Les racines des plantes aux noms poétiques: chiendent des dunes, criste marine, chardon bleu… fixent le sable.
Ces zones sont surveillées et entretenues par des habitant.e.s dans le cadre d’un observatoire citoyen encadré par l’université de Bretagne Sud.
Cette balade a été très inspirante, elle nous a montré que nous sommes tressé.e.s dans un réseau d’humains.

Après un après-midi riche, selon les altercyclistes, de plage, balades ou expéditions à Port-Louis, la vaisselle d’un soir a permis d’exprimer des talents de création de chansons: « et tu frottes frottes frottes ce couteau qui te coupe »

Suite au prochain épisode…
Alterjournalistes : Sylvie et FX

