Aujourd’hui, une longue distance à vélo nous attend (68 km) alors réveil à 6h pour rouler quand il fait moins chaud. C’est tellement doux et joyeux les réveils à l’AlterTour qu’on ne rechigne pas à se lever aussi tôt pendant nos vacances !
On quitte la Ferme des 7 Chemins à Plessé, destination Porcaro (près de Ploërmel). Nous faisons une halte à La Gacilly pour pique-niquer, sur un parking en bordure du cours d’eau l’Aff.
C’est à la micro-ferme La Bastardière que nous sommes heureux·ses d’arriver dans l’après-midi. Le lieu est très joli, et nous laisse plusieurs possibilités d’espaces très agréables pour installer nos tentes.
Sous la banderole colorée « bienvenue à l’AlterTour », Cécile et Daniel nous racontent leur choix de se poser en Bretagne après de nombreuses années à sillonner les mers à la voile et leur intention d’être le plus possible autonomes. Cela a commencé par l’auto-rénovation de 2 bâtis (leur maison, et un gîte pour celles et ceux de passage), à un coût très abordable. L’autonomie énergétique est atteinte entre autres grâce aux panneaux solaires, au bois de chauffe, à la low tech et bien sûr grâce à leur sobriété ! Plusieurs équipements nous sont présentés : vélo-mixeur, lave-linge qui fonctionne en pédalant, four en briques de terre crue (pas trop haut pour ne pas consommer trop d’énergie), séchoir solaire à inertie (tournant pour suivre la course du Soleil), rocket stove, four à poterie… On déambule ensuite dans leur jardin vivrier, avec des canards coureurs, des poules, des ruches, une mare… Flash info express : Cécile et Daniel organisent des stages pour renforcer son autonomie et des journées apprenantes, avis aux altercyclistes intéressé·es !
Après le dîner, place aux échanges avec plusieurs représentant·es de l’association d’aide aux victimes des pesticides en Bretagne. C’est une bonne occasion d’avoir des informations très claires à ce sujet, et malgré l’heure tardive et les kilomètres au compteur aujourd’hui, les altercyclistes sont bien à l’écoute. Leur collectif, qui compte 800 bénévoles, a d’ores et déjà accompagné 360 professionnel·les ayant utilisé des pesticides pour que ce soit reconnu maladie professionnelle. L’association accompagne également les riverain·es. Une des victimes atteint de leucémie, accompagné de sa femme, nous partagent leur vécu depuis le diagnostic. Un éleveur témoigne également de sa culpabilité vis-à-vis de sa femme qui a la maladie de Parkinson. Nous comprenons l’impact du lobbying des agro-industriels et l’omniprésence de la FNSEA (bien qu’ils ne représentent que 45% des agriculteur-rices) dans la majorité des décisions. En se regroupant en collectif (lui-même en réseau avec d’autres collectifs), cela permet d’avoir plus de poids face à ces acteurs qui visent toujours plus de rentabilité au détriment de la santé humaine. C’est sur cette force du collectif et du réseau que se termine la journée des altercyclistes à Porcaro.
Alterjournaliste : Hélène








