Jeudi 13 août : Journée à Le Faouet / Priziac

Edition 2026, Agriculture, AlterTour, Bretagne, Économie, Lutte

En ce matin du 13 août, 7e jour de la cinquième vague caniculaire de l’été, les altercyclistes se réveillent dans un pré de la Ferme de Rouzen. Après un bon petit déjeuner, un joyeux peloton se dirige sur le parcours du contournement routier souhaité par le Conseil Départemental (2,8 kilomètres entre Guiscriff et Le Faouët au Sud de la commune). Une dizaine d’enfants dessinent des muscardins sur des fanions tandis qu’une 40aine d’adultes fabriquent, de bambous et de fougères, un nid à muscardin géant au bord de la D782. Le muscardin a été choisi par les opposants locaux au projet de la déviation Sud du Faouët. C’est que les études d’impacts du projet ont identifié 63 espèces impactées, mais oublié d’y ajouter le muscardin, petit mammifère. Outre la survie du muscardin, il y a bien d’autres raison pour les habitants de s’opposer à cette route qui artificialiserait 14ha de zones humides, agricoles et forestières. Ces raisons sont présentées en fin d’après-midi dans les prises de paroles qui suivent la manifestation à vélo (« vélorution »), véritable baroud d’honneurs riche de chants et de clochettes d’une 50aine de vélos sur la place centrale du bourg, à côté des halles. Marie du collectif Stop Bitume Ar Faoued BZH y voit un « projet routier hors d’âge » et rappelle les expulsions d’habitants à l’automne dernier par plus de 100 gendarmes surarmés. Christophe (de l’association Ar Jaouen) rappelle que trois précédents projets ont été abandonnés depuis les années 1990. Erwan rappelle l’effet délétère pour l’économie locale d’un tel contournement routier du bourg qui réduira les clients des commerces du centre et incitera les consommateurs à faire leur courses toujours plus loin dans des supermarchés toujours plus lointains. Les opposants rappellent les effets sur le climat local (température plus chaude) et sur les inondations de la bétonisation des sols des zones humides, forestières et agricoles. La Confédération Paysanne 56, Nature Patrimoine Centre Bretagne, Eaux et Rivières de Bretagne et plusieurs autres associations du territoire sont venues soutenir cette lutte, tenir des stands et proposer des crêpes. La musique est au rendez-vous également avec le groupe La fanfarinée. De retour vers les tentes après cette belle journée, les altercyclistes se font aussi raconter certaines techniques d’autodéfense féministe face aux agressions qu’une dizaine de personnes du groupe ont été suivre dans la journée.

N.B. Le maire et les élus du Faouët, sollicités pour ce reportage, ont préféré semble-t-il se faire porter absents après qu’on nous ait dit qu’ils seraient en mairie l’après-midi. Construire un territoire plus vivant et un monde plus vivable demandera sans doute plus de courage.

Alterjournaliste : Christophe