Le Recueil des Alternatives de l’AlterTour 2013 vient de sortir dans la Revue S!lence de juin

Mathieu Silence

Pour la 3ème année consécutive l’AlterTour édite un supplément dans la Revue S!lence de Juin, en voici l’édito :

Moustique et éléphants blancs

Les partenariats public-privé se sont multipliés depuis une dizaine d’années. Officiellement, il s’agit pour l’état d’économiser sur les frais d’investissements des grands projets.

Dans la réalité, ces « éléphants blancs » permettent la mise en place de projets non rentables de manière qu’ensuite, les concessionnaires s’y retrouvent financièrement : c’est l’Etat, donc nos impôts, qui paie la différence.

Et c’est ainsi que l’on voit se multiplier en France, ce que leurs opposants regroupent sous le terme de « Grands projets inutiles et imposés »(1).

Cela devient tellement choquant que même l’UNSFA, Union Nationale des Syndicats Français d’Architectes vient de demander, le 23 mars 2013, un moratoire sur ces pratiques (2).

Parallèlement à ces gros chantiers, se multiplient les alternatives concrètes en vue d’une société écologiquement et socialement durable, une société solidaire de coopération.

Ce sont ces petits projets utiles et sans dopage que l’AlterTour valorise d’année en année en leur rendant visite et en publiant ce recueil qui les présente.

Ce qui est extraordinaire pour ces « petits projets », c’est leur efficacité : avec souvent très peu d’argent, mais beaucoup de motivation et d’entraide, on obtient le plus souvent des résultats remarquables.

Nous retrouvons là la distinction que Jacques Gélinas, sociologue québécois, fait à propos ds projets de développement : il distingue l’argent chaud (celui que l’on gagne avec sa sueur) de l’argent froid (celui qu’on vous donne sous forme de subventions) et montre que l’argent froid de l’aide au développement n’a que peu d’effets, si ce n’est négatifs dans les pays du Sud (3).

Et pour bien des projets en cours, le gouvernement devrait aussi faire la distinction entre grands projets inutiles dont l’argent froid part dans la poche des actionnaires… et parfois dans celle des élus, et petits projets utiles dont l’argent chaud est investi pour le bien commun.

Au moment où – paraît-il – le gouvernement cherche comment économiser son argent, le notre, il serait peut-être souhaitable d’en finir avec le gaspillage des grands travaux et de favoriser l’émergence, ou au moins de ne pas gêner, les multiples initiatives intéressantes que l’on croise sur la route de l’AlterTour. Car, de ces petits projets, peuvent naître de nouveaux modèles de société dans lesquels nous aurons tous notre place, le temps de vivre et de se rencontrer. Et si vous ne croyez pas que le petit projet peut gêner le gros, rappelez-vous combien un simple moustique peut vous empêcher de dormir.

Michel BERNARD – S!lence

(1) la revue S!lence dans son numéro de juin 2013 présente une carte non exhaustive avec une centaine de ces projets.
(2) http://www.batiactu.com/edito/les-architectes-disent-halte-aux-ppp–p2-34777.php
(3) http://www.revuesilence.net/index.php?page=MediasetcitoyenneteArgentchaudargentfroid