Les Pâturages Monçay, le Réseau Sortir du Nucléaire, la Clinique de la Borde et la ferme de la Montou sur Bièvre

Mathieu Centre-Val de Loire, Énergie, Social, Edition 2010

L’auguste exploitation rurale de Monçais

Cette visite a été l’occasion de retrouver le problème du foncier mais dans un contexte particulier : la chasse au grand gibier dans la forêt Solognote avoisinante fait monter le prix de l’hectare : jusqu’à 15 000 euros à l’hectare !

La chasse est pratiquée majoritairement par les notables locaux : la Sologne a vu disparaître ses agriculteurs dans les années 70 et ce phénomène se retrouve aujourd’hui dans les environs, non seulement du fait du prix des terres qui n’ont pas de qualités pédologiques extraordinaires (voir l’opuscule de Raymond Dourdain)

De plus, des groupes de cervidés (jusqu’à cent quarante individus !) sortent des bois pour se régaler des cultures autrement plus nourrissantes.

Aussi le devenir de ces exploitations, comme celle de Monçais, orienté sur la vente de viande et d’oeufs en vente directe et en Biocoop, n’est-il pas assuré.

Le prolifique Réseau Sortir du Nucléaire à Saint Laurent du Nouan sur Loire

De nombreux problèmes ont été recensés, concernant tant le démantèlement de l’ancienne centrale de Saint Laurent que les accidents majeurs (les plus graves enregistrés en France) sur le site de la centrale actuellement en activité.

Notons plus particulièrement la présence d’un silo sous terre à proximité de la centrale. Ce silo, qui renferme 2500 tonnes de graphite radioactif et à longue durée de vie, présente des fissures qui ont occasionné un rappel à l’ordre d’EDF par l’Agence de Sécurité nucléaire, rappel resté jusqu’à présent sans suite.

La ô combien renommée Clinique de la Borde

Créé en 1953 par le docteur Jean Oury à Chambord , ce lieu d’accueil atypique, avec un fonctionnement horizontal, se veut une alternative à la psychiatrie.

Comptant 110 résidents, dont certains présents depuis 50 ans, l’établissement compte 15 places en hôpital de jour.

Quelques particularités de ce lieu singulier : ce milieu est ouvert (pas d’enceinte), pas de blouse, les rôles sont partagés et nombreux sont les ateliers – jardin potager, four à pain, etc – sans oublier la bibliothèque nichée dans la chapelle (tout un symbole, n’est-il pas !?!)

Le meilleur moyen pour se faire une idée d’un lieu aussi foisonnant, avec une histoire vraiment riche est encore de visionner le DVD “La moindre des choses” de 1995 de Nicolas Philibert (le réalisateur du documentaire “Etre ou avoir”).

La revigorante Ferme de la Montou sur Bièvre

Nous voilà chez Gilles et Anne Guellier, dans une ferme de 60 ha, avec 40 vaches laitières en autonomie alimentaire pour le bétail (nourriture à l’herbe séchée et quelques céréales).

La moitié de la vente en bouteille (du lai cru) et du fromage blanc se fait au magasin à Blois, ainsi qu’en AMAP. L’autre moitié part malheureusement en circuit classique.

La grande particularité du lieu est le mode de séchage du foin sur place (180 tonnes par an) grâce à l’énergie solaire et à une soufflerie de 20 chevaux (aucun détail technique ne vous sera épargné, mais vous pouvez bien sûr vous reporter au fascicule de Benjamin Boutefeu aux éditions du Souffle d’Or, intitulé “Quelques applications mécaniques d’une soufflerie en milieu rural”)

C’est le meilleur rendement alimentaire, comparativement au séchage naturel suivi de la mise en botte ou en rouleau.

Par ailleurs, Gilles utilise un tracteur à moteur Pantone, mais dont la pertinence ne vaut que un usage à régime constant sur de longues durées (labour, par exemple, comme le confirme l’ouvrage de référence de Séraphin Patemouille, aux éditions Garguantua : “Guide exhaustif des pannes du moteur Pantone en fonction de son usage”)

Mentionnons également une importante installation en chauffe eau solaire qui alimente la salle de traite ainsi que l’atelier de fabrication du fromage blanc (A lire absolument si vous êtes un tant soit peu intéressé par le sujet : “Les 1000 et un usages du lait en milieu bio-dynamique”, brochure éditée par le Syndicat des exploitants laitiers en bio-dynamie.

Pour finir, mentionnons les 260 m² de panneaux photovoltaïques dont la production est revendue à EDF.

Alain et Hervé