La Courte Echelle, une brasserie bio et vraiment locale !

Mathieu Agriculture, Edition 2019, Nouvelle-Aquitaine

Et hop encore une belle journée de roulage, de roulements, de rougeurs, de splendeurs…

Ce midi, après 33 km de verdure, la pluie nous surprend, prend généreusement de l’ampleur au dessus de nous: nous arrivons trempés et rincés sous un Barnum qui semble dressé pour nous. C’est ici que nous rejoint Adrien, pétillant paysan brasseur de LA COURTE ECHELLE, pour un partage entre une tartine et un verre de son cru.

Adrien a commencé son aventure en douceur il y a 2,5 ans, une petite année d’expérience de brassage en poche, grâce à sa “couveuse”: une ferme céréalière qui lui offre un hangar pour concocter sa potion et le partage de leur point de vente.

Son pari : vivre d’une production de petite taille en misant sur la qualité de sa valorisation ! Ainsi ce sont 6000 litres qui sont brassés chaque année par brassins de 250 litres, 100% bio & beaucoup de % français (difficile à ce jour de trouver du Houblon français ; heureusement les choses évoluent).

Mais surtout : dès 2020 l’aventure prend son envol autour d’un projet TERRE DE LIEN avec 4 autres paysans : à 5 ils louent les 60 hectares de terre de ce projet pour en faire un lieu de production, de vente, de convivialité et de partage (café notamment, car c’est au verre à la pression que la bière peut être la plus rentable, mais aussi expos et autre…).

Ainsi 33 ha sont destinés aux 2 paysans boulangers, 10 ha offriront le fourrage au paysan chevrier, 15 ha pour l’orge d’Adrien et 2 ha accueilleront petits fruits, verger et plantes aromatiques dont 30 m2 pour… le houblon bien sûr ! 10 espèces y seront cultivées, testées, pour trouver les mieux adaptées au lieu et créer la bière de ce lieu, et non imposer un goût prédéfini arbitrairement. Une malterie devrait plus tard voir le jour avec une autre brasseur.

Côté installation : 2,5 d’ans expérience ont permis à Adrien de penser l’ergonomie et la sobriété de sa future installation, notamment en termes d’énergie, de consommation d’eau et de consignation des bouteilles (qui n’est pas une mince affaire étonnamment…).

Mini cours rapidou sur la bière et son vocabulaire:

Tout d’abord prenez de l’orge (en général, mais en Asie ce peut être du riz, en Afrique du mil, et du blé peut être rajouté pour donner l’aspect laiteux des bières blanches).

Plus vous mettrez d’orge et plus votre potion sera riche en alcool.

L’orge est composé d’amidon, sucre stable non fermentescible; Il faut donc le malter pour enclencher l’activité de fermentation par une simple action de trempage et de séchage.

Notre orge malté est ensuite plus ou moins torréfié pour lui donner son petit goût légèrement grillé, voir même café.

Enfin 400 litres d’eau sont ajoutés pour un brassin de 250 litres et chauffés pour solubiliser les sucres fermentescibles. Le mode de brassage (choix de la température notamment) donnera la rondeur de la bière: elle sera sèche si tout le sucre est transformé en sucre, ronde avec des sucres résiduels

Petit Hiéroglyphe du brasseur : l’IPA (l’Indian Pale Ale) crée pour permettre à la bière de voyager jusqu’en Inde y étancher la soif des Anglais; en effet le houblon est, en plus d’un arôme, un agent de conservation. Il était donc surdosé dans ces bières, mais le résultat à l’époque était très certainement très amer, bien loin de nos petits goûts douceur litchi.

Voilà ! Merci Adrien, belle continuation et à dans quelques années sur ce beau projet qui t’attend!

36 nouveaux km et deux belles côtes nous attendent sous un grand soleil sécheur de fringues et de fringants altercyclistes, récompensés par un délicieux plouf dans l’étang de Bergerac et d’une soirée douce chouchoutés par l’accueillant théâtre de la gargouille. Elle est pas belle la vie ?

Anaïs