L’autosuffisance énergétique avec l’Earthship Biras et le méthanisateur du Gaec des Charmes

Mathieu Edition 2019, Nouvelle-Aquitaine

Après avoir quitté l’Ecolieu de Saleix et nos hôtes si accueillants qui nous ont fait danser sous les étoiles au son du violon et de l’accordéon, au terme d’une route ensoleillée et qui montait raisonnablement, nous faisons étape pour le repas et nous rencontrons Benjamin qui vient partager avec nous son expérience de la vie en “Earthship”. Les earthships sont des habitations inventées aux Etats-Unis par Mikael Reynolds dans les années 70 afin de recycler les énormes quantités de déchets de pneus. Elles sont  employées dans des habitations écologiques qui s’autosuffisent en énergie. Un earthship est construit sur des pneus, ses murs sont en pneus compressés et en terre. L’autonomie alimentaire est assurée grâce à une serre incluse dans l’habitation. Le tout récupère les eaux de pluies et les déverse dans des citernes qui alimentent  toute l’habitation en eaux potable filtrée par un filtre céramique. L’eau potable utilisée devient “eaux grises” qui servent pour le lave-linge, les toilettes… Les “eaux noires” (toilettes, douche, eaux usées des appareils ménagés) sont filtrées par les plantes de la serre avant d’être rejetées dans la nature. Une batterie solaire assure les besoins énergétiques. On attend le moment propice pour faire en sorte d’utiliser le moins d’énergie possible. Il pleut : on remplit les citernes, on fait tourner une machine de linge par exemple. Il fait beau : les batteries sont rechargées, on peut utiliser les différents appareils électriques de la maison. Benjamin nous donne sa définition de la vie en autonomie : apprendre à s’adapter à ce que le climat nous donne.

L’après-midi qui suit, avant d’arriver au GAEC des Charmes, à Saint Aquilin, est assez chargée en évènements : chute de vélo dans une pente (accident peu original), suivie d’une bonne brûlure en cuisine, si bien que les pompiers ont l’opportunité de se rendre deux fois dans l’après-midi sur l’AlterTour, au demeurant pompiers fort rapides, sympathiques et compétents, à beaux yeux bleus.

Jules, Stéphanie et leur petite-fille Jeanne nous accueillent à la ferme du GAEC très chaleureusement, et nous font visiter l’exploitation. Ils transforment sur l’exploitation, dans deux grands chapiteaux, le purin de leur élevage de bœufs en méthane, ainsi que le purin des exploitations environnantes.  Le principe de la méthanisation est de transformer différents déchets en gaz. Ils récupèrent également le bois perdu sur les chantiers forestiers, qui est transformé en copeaux pour chaudière. Jules résume ainsi ce projet, qu’ils ont mis en place depuis 7 ans : devenir producteur d’énergie et non consommateur. Ce projet rencontre encore l’inertie, voire l’indifférence de certaines collectivités auxquelles ils proposent de mettre en place un réseau de collecte de déchets, mais ils ont bon espoir de susciter l’intérêt d’autres exploitations pour qu’elles se lancent également à leur tour dans ce type de fonctionnement.

Le soir nous dégustons le produit de l’exploitation de Jules (pour les non végétariens) : de délicieux steaks de poulet, de bœufs et des saucisses, issus d’animaux élevés en plein air sur de beaux pâturages, et dans le respect de leurs conditions de vie naturelles.