La petite Ramonière

Sylvie F Bière, Agriculture, Edition 2019, Centre-Val de Loire, BièreTour

Départ de Bourgneuf ce 3 mai, à 9h direction la Vendée. Le trajet de 37 km nous amène d’abord jusqu’à la côte, où le groupe s’octroie une pause avec vue sur l’île de Noirmoutiers, puis à travers le labyrinthe des marais bretons . Arrivée aux alentours de midi à la petite Ramonière, à quelques kilomètres de Notre-Dame-de-Monts, où nous sommes accueillis par Ingrid et François. Après l’installation du campement et le repas du midi, certains partent à la plage ou faire les courses pendant les quelques heures de battement avant la visite.

Bio, mais sans certification

François nous invite à l’intérieur de la brasserie et nous présente son projet. Lui et Ingrid ont commencé leur histoire avec la bière en Allemagne, où ils ont vécu pendant 6 ans, période pendant laquelle ils se sont initiés aux joies du brassage amateur.  De retour en France, François, électronicien, ressent l’envie de changer de profession. On lui parle d’une ferme à reprendre. Quelques temps et quelques rénovations plus tard François et Ingrid lancent la production de bière. L’idée: faire un produit local à base de produits locaux. Ils ont fait le choix de ne pas avoir recours à la certification bio, bien que leur malt soit du malt bio. Ce choix leur laisse plus de liberté dans le processus, par exemple celle d’intégrer des plantes sauvages récoltées par leurs soins. Plutôt que d’avoir un label sur leur étiquette, ils préfèrent miser sur la transparence et invitent les clients à venir visiter leur brasserie et découvrir le processus qui se cache derrière.  A l’origine, le projet comprenait la production des matières premières nécessaires à la production de leur bière, l’orge et le houblon. Le houblon ne s’est pas plu dans les marais venteux, mais la production d’orge a bien pris et s’avère suffisante à la production de bière annuelle.

Le maltage

Il ne manque à l’heure actuelle plus que l’étape de maltage pour atteindre l’autonomie en malt. Le projet est en cours et devrait se concrétiser d’ici un an. Comme pour la partie brasserie, François et Ingrid misent sur l’investissement minimal, sur base de récup, de réemploi et de pas mal d’inventivité. Aujourd’hui, avec 2 à 3 brassins de 8 hl tous les 15 jours réalisés dans leurs tanks à lait bidouillés en cuves de brassage, ils ont atteint une production rentable et qui leur convient. Pas envie d’augmenter la production, il vaut mieux laisser de la place pour émerger à d’autres brasseurs, explique François, car plus une exploitation grandit et augmente sa production, moins elle crée d’emplois en rapport à la production.

Harmonie avec l’environnement

Les nouveaux brasseurs veulent également expérimenter une façon de vivre et produire différente, en harmonie avec l’environnement, dans lequel les humains et les autres espèces cohabitent dans un même milieu. En lien avec la Ligue de Protection des Oiseaux, ils souhaitent retourner vers l’exploitation de semences anciennes, dont les propriétés (paille plus haute et récolte plus tardive) sont certes moins intéressantes du point de vue agronomique, mais plus favorables aux busards des roseaux qui nichent dans cet habitat. Après la visite, place à  la dégustation des bières de François et Ingrid, toutes affublées d’une étiquette représentant un oiseau local. La brasserie de la petite Ramonière, sûrement la plus petite et la plus alternative de celles visitées lors de ce BièreTour, était impressionante de bienveillance et de cohérence.

Maelle