Retour sur la Cyclo-climatique

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Solidarité-entre-cyclo-remorqueurs
Haut les cœurs, bas les masques !
Ou modeste contribution en vue de rapporter autant que faire se peut les faits & gestes d’une poignée de hérauts aux joyeuses figures, exceptés les matins de grand vent, certes parfois trop présent,et les après-midis de grêlons “gros  comme des œufs d’ortolan”,mais heureusement plutôt rares…
Oyez, oyez, gentes jouvencelles, humbles hobereaux, prêtez-nous donc une oreille mi-attentive, mi-perplexe face à une  quête d’une vingtaine de vélocipédistes de tous poils, certains même harnachés de ponchos emplumés, d’autres encore surmontés de casques caparaçonnés, mais toutes & tous animés par la même détermination, farouche & néanmoins sereine, de rallier coûte que coûte, vaille que vaille, les territoires interdits de toutes manifestations, telle une île gendarmée perdue au milieu d’une France en proie à l’agitation due en partie à la fièvre médiatique de la COP,
la vingt & une unième du nom, pour Curieux d’Orgies Planétaires, pour Charismatiques Officiants Policiers, ou encore pour une Capitulation Ouvertement Perturbée…
Quoiqu’il en soit, et toutes choses étant égales par ailleurs, il nous a fallu affronter les éléments, moutures de vents & de  pluies pour nous retarder, certes, mais sans pour autant nous décourager, enfin presque…
Pause-Café-Echecs-Loto-et-sandwichs
 Mais si l’un ou l’une tombait par inadvertance, par oubli d’appuyer inlassablement sur les pédales, par lassitude, par  épuisement même, d’autres se relevaient dans le même temps pour reprendre la place dûment convoitée, chèrement acquise, dans un peloton qui se resserrait au fil des heures, masse compacte et pourtant si frêle, minuscule banc de sardines soudées face à la marée innombrable dans une nuit précoce, de prédateurs métalliques & encaoutchoutés…
Conducteurs englués, agglutinés, et pourtant si solitaires, aux yeux vides, au regard fixé à la lueurs des lanternes  écarlates de leurs infortunés compagnons de naufrages échoués comme eux dans une géante nasse, malheureux crabes qui avancent au ralenti, en files indiennes, à heures fixes…
Mais qu’importe, nous étions accueillis par dix, vingt, cent militants, au final, toujours prompts à vouloir nous faire partager la chaleur de causes vraiment pas gagnées, avec ce qu’il faut de procédures aux multiples rebondissements,
ce qu’il faut de traque du moindre vice de forme, ce qu’il faut de quête du plus petit batracien protégé, avec le tenace et néanmoins faramineux projet de faire capoter l’un de ces maudits GPI, Grands Projets Inutiles, dénommés encore Gros Prurits Inacceptables…
Ceux-là même qui veulent occuper le sol de nos campagnes & de notre mental aux abois, du projet de décharge dans le Bois du roi, à Ormoy-Villers, dans l’Oise, au stockage de déchets amiantés dans des casses automobiles, encore dans l’Oise, de la centrale au gaz sur un corridor écologique, à Verberie, toujours dans l’Oise, à la construction d’un centre commercial géant, Europacity, dans le triangle de Gonesse, en Val d’Oise…
Heureusement, comme dans toute aventure collective & malheureusement trop courte, il nous fallait terminer cette quête vélocipédique par une lueur d’espoir qui nous fasse oublier cette escorte de la maréchaussée de pied en cape pour assurer notre sécurité sinon mentale, du moins physique, routière pour tout dire, ou même roturière…
Nous, modestes roturiers, avons donc été accompagnés par de  fidèles cerbères pour surmonter l’éprouvante traversée d’une portion congrue de l’Île de France, perdus encore & trop souvent dans le flux & reflux automobilesque avec, en contrepoint, les sillons aériens de ces insectes, libellules géantes surgies d’un autre âge, au beau milieu du ciel zébré de Roissy…
Pique-nique-au-lycée-autogeré-de-Paris C’est ainsi, le cœur gros et le regard vide, que nous sommes arrivés cahin-caha à la Kapitale : nul faste, nulle trompette, pas le moindre pétale de roses lancé à la volée pour saluer notre passage, nulle ovation ponctuée de retentissants “Viva”, de tonitruants “Hourra”, juste quelques coups de klaxons mal embouchés pour saluer l’entrée en lice des deux roues pétaradants, démarrage en trombe à la vue de la moindre touche verte en ce paysage minéral, & qui se faufilent entre nous tels des crocodiles sournois alors que nous voilà, pauvres fétus de paille emportés par le courant vers le Lycée Autogéré de Paris…
Havre de paix pour un pique-nique dans la cour enverdurée et au soleil, s’il vous plaît, luxe de la campagne qui s’invite en notre compagnie pour mieux réchauffer nos peaux et les pierres de ce bâtiment à l’âge probablement vénérable qui abrite moult activités d’expressions & de créations, d’illusions et de contestations, de discussions & de contradictions, de libations et de délibérations…
Bref, pour finir en beauté, nous avons défilé en vélorution, chantés en improvisation, rigolés à l’unisson, en attendant que la ville nous recrache, tel des Jonas dans sa baleine, patients, obstinés, bien décidés à savoir ce qu’elle avait dans le  ventre, quelles promesses pouvait-elle recelée…
Vélorution
Mais non, la montagne a accouché, non sans effort, de quelques souris qui sont rentrées presque bredouilles, en leur  contrée après avoir pourtant tant & tant palabré, ergoté & négocié…
Voilà-voilou, c’est tout pour z’aujourd’ui ! Bis’ouilles !
C’était Hervé, de passage & en direct de Saint-Jans Cappel