De l’eau jaillit le feu, une journée au tiers lieu « Le Logis »

MathildeZaniEdition 2026, Education, Habitat, Nouvelle-Aquitaine, Social, Non classé

Dès 8 heures les altercyclistes se sont réveillé.es en douceur au bord du ruisseau, sous la grange ou entre les bâtiment du nouvel écolieu Le Logis.

En coopération avec les Eclaireuse.eurs Unionistes de France d’Illkirch, iels ont aidé les habitant.es de l’écolieu sur les travaux de rénovation prioritaires.

L‘utilisation de ressources locales permet de renforcer et isoler les murs : terre argileuse du site, eau de pluie et paille du champ voisin permettent de créer un fabuleux mélange terre paille. 

Ensemble nous avons célébré les avancées sur les chantiers suivants de la matinée : banchage, préparation des enduits, tri et rangement de la grange et désherbage des ronces de l’extrême.

midi, l’orage a finalement soulagé faune, flore et humain.es en apportant un peu de pluie.

Un repas remplis d’échanges entre les habitant.es du Logis et les altercyclistes a ravi papilles et appétits militants.

Joëlle Lallemand, présidente de l’APIEEE (Association de Protection, d’Information et d’Etudes de l’Eau et de son Environnement) et Sylvain Griffault, ancien maire de Melle (commune de 6000 habitant.e.s) sont venu.e.s pour un temps d’échange durant l’après-midi.

Avec justesse, recul et maîtrise du sujet : iels nous ont retracé l’historique des enjeux liés à l’accaparement de l’eau pour l’agriculture sur le territoire des Deux-Sèvres. 

Intérêts économiques et développement de l’exportation maritime à la Rochelle (Port de la Pallice) ont engendrés une extension des surfaces cultivées en maïs et céréales dans la région.

Les sécheresses de 1990 ont obligé à irriguer ces immenses étendues de maïs, initiant les réflexions sur l’accès à l’eau pour cette agriculture industrielle.

Les tendances auto-destructices d’un système ont mené à un plan B… commeméga-bassine : il faut imaginer un trou béant de 14m de profondeur formé d’un talus de 10m de haut occupant jusqu’à dizaines d’hectares dans le paysage.

Indication : le projet de bassine à Sainte-Soline occupe d’une surface de 32 terrains de foot et est prévue pour retenir un volume d’eau équivalent à 250 piscines olympiques. 

Très démesurés, ces projets sont loin de se contenter de recueillir l’eau de pluie.

L
eur alimentation demande le pompage des ressources souterraines en eau potable, qui alors exposée aux éléments et micro-organismes, s’évapore en partie.

E
conomiquement, là encore le bât blesse, les bassines sont financées à 70% par l’Etat (par nos impôts) ; leur construction étant très coûteuse, leur rentabilité reste pourtant à démontrer.

Foudroyé.es par la bêtise de ces projets, les habitant.e.s et citoyen.ne.s se sont mobilisé.es de manière pacifique : le Forum de l’eau, le Convoi de l’eau (depuis plusieurs villes françaises) et le Village de l’Eau.

En toute logique l’Etat a déployé des moyens démesurés de répressions face à ces luttes…. aboutissant à de nombreux traumatismes chez chacun.e… 

Une journée qui se termine avec la projection du super documentaire De l’eau jaillit le feu, réalisé par Fabien Mazzocco, retraçant la luttes des habitant.e.s du Marais Poitevin contre la création des mégas-bassines : ESPOIR !

Alterjournalistes: Zozo et Estherminator