Étape du 17 juillet : Domaine de Mazy à Laure-Minervois et Cravirola le Maquis à Minerve

Mathieu Alimentation, Occitanie, Édition 2012

Tout d’abord, quelques anecdotes de ce jour :

Nous avons décidé de partir de bonne heure; l’étape est longue et la journée s’annonce très chaude.
Paul qui est chargé aujourd’hui de nous réveiller a une panne de réveil. Valérie, gardienne du temps marche au solaire… Et pourtant, c’est à l’heure prévue que nous quittons « le chalet », ce lieu si chaleureux qui nous a fait goûter son énergie créatrice de projets collectifs dans le plus grand respect de la vie de chacun, mais aussi les succulents abricots de sa première récolte.
Nous sommes de plus en plus nombreux à étoffer le peloton et pour la première fois, les gros bagages seront chargés sur le toit de l’ourse blanc.
Au relais, Christian met en scène une distribution d’hostie de mangue, pour nous redonner de l’énergie.

Et c’est ainsi que nous arrivons avec plus d’une heure d’avance (il faut bien le noter, ce ne sera pas tous les jours comme ça !) au Domaine de Mazy à Laure-Minervois, chez Marie et François Gardey De Soos.
http://www.domaineagroecomazy.comuf.com/

Ce couple s’y est installé en 1977, sur 25 hectares en agriculture conventionnelle, sur de l’élevage de brebis. Mais les difficultés s’accumulent (notamment des chiens errant viendront égorger 80 brebis dans la bergerie) et les incite à changer de projet.
C’est en 1988 qu’ils se convertissent à l’agriculture biologique, sur 150 hectares. Ils y utilisent des techniques et des espèces traditionnelles (figues, amandes, céréales ancienne) mais ont aussi une dynamique de recherche. C’est ainsi qu’ils échangent, collectionnent et travaillent des semences avec d’autres agriculteurs mais aussi avec l’INRA. Les semences de l’INRA bien qu’intéressantes sur le principe, montrent vite leurs limites (nombreuses graines mortes après une période de congélation, plans plus fragiles face aux maladies). La collaboration est intéressante mais il faut travailler en s’adaptant au terroir.

François, en perpétuelle recherche invente une méthode pour planter les amandiers, et au delà, les arbres à noyau.Il se lance alors dans l’agroforesterie, avec le concours de chercheurs de Montpellier, et l’équipe de BéDé http://www.bede-asso.org/.

Il plante un rang d’arbres tous les 16m, entre lesquels il cultive de la luzerne, des céréales ou de la vigne. Ces arbres ne sont pas des essences nobles, comme très souvent en agroforesterie mais des fruitiers.Il s’y développe une synergie qui permet entre autre la présence d’insectes qui évitent le traitement chimique de certaines maladies, mais aussi, par le choix des espèces, la fixation naturelle de l’azote dans le sol ou une meilleure circulation de l’eau dans les cultures.

Au total, cela nécessite plus de travail, mais les rendements y sont équivalents, voir supérieurs (notamment sur les arbres).
140 woofers sont venus sur le domaine, mais ceux que préfèrent Marie et François, ce sont les jeunes en formation car c’est par eux que se fait la transmission des savoirs développés ici, et c’est sur quelque(s) un(s) d’entre eux qu’ils comptent pour reprendre les domaine car l’heure est venue de se reposer un peu pour eux…

Après les bonnes crêpes faites par Marie, avec la farine du domaine, il nous faut quitter le lieu, sous le « cagnard » et c’est une longue, très longue montée qui nous attend. Au passage, les charmes de Minerve seront appréciés, mais la montée n’est pas finie…Le maillot jaune arrivera à Cravirola peu avant la nuit, comme l’ourse blanc qui avait décidé de faire plusieurs voyage pour préserver tous ses petits.

Cécile, qui nous accueille au « camping » de la ferme autogérée Le Maquis (http://www.cravirola.com/), nous le témoigne : « des gens qui viennent ici à vélo, il n’y en a pas beaucoup !… »
Demain, journée de repos bien mérité pour profiter de ce lieu bien mérité lui aussi !