Les négationnistes du désastre transgénique

Mathieu Non classé

Jacques Testart, AlterTour 2012. Crédit photo G de Crop

Jacques Testart, AlterTour 2012. Crédit photo G de Crop

Jacques Testart, président de l’association Sciences Citoyennes, intervenant sur l’AlterTour 2012 et parrain de l’AlterTour 2009. Il a rédigé un article dans le numéro 418 de la Politis en soutien à Gilles-Eric Séralini :

L’équipe dirigée par Gilles-Eric Seralini, a lancé le 18 septembre un énorme pétard scientifique dans la revue Food and Chemical Toxicology et la presse a largement répercuté le contenu et la portée de cette publication. En bref, des rats nourris pendant 2 ans avec du maïs transgénique (NK 603 de Monsanto, tolérant à l’herbicide Round-Up) présentent rapidement des désordres métaboliques (déjà montrés par la même équipe dans des études courtes), puis des tumeurs et la mort prématurée, non décelées dans les études classiques de 3 mois seulement.

Dés le lendemain les ministres de l’Agriculture, de la Santé et de l’Ecologie saisissent les instances d’évaluation françaises et européenne. Remarquons que l’instance d’autorisation européenne (EFSA) a été dénoncée récemment pour des conflits d’intérêts liant certains de ses membres à l’industrie et que, sous son influence, la Commission européenne discute actuellement de l’assouplissement des procédures d’évaluation des PGM, particulièrement en supprimant les études toxicologiques…

Les résultats de l’équipe de Caen avaient été soigneusement tenus secrets pour éviter que des pressions sur la revue entraînent l’annulation de la publication, une mésaventure arrivée à d’autres…

Mais, dès la parution, et comme à chaque fois que l’industrie des plantes transgéniques (PGM) est menacée, des chercheurs du monde entier commentent sévèrement l’étude.

Entre autre par le canal du Science Media Center de Londres, une officine financée par l’industrie biotechnologique et dont l’agence Reuters reprend illico les contenus (Bastamag, 21 septembre).

Déjà les travaux publiés en 2007-2008 par l’équipe française avaient été critiqués, souvent par ces mêmes experts . Ils avançaient pêle-mêle : ces chercheurs ne sont pas neutres (seuls les partisans acharnés des PGM seraient neutres), la revue qui les publie est médiocre (cette fois l’argument n’est pas tenable), les travaux ont été financés par la grande distribution(seuls les marchands de PGM seraient habilités à aider les laboratoires) , il n’y a « pas de signification toxicologique des variations observées » (mais, en 2012, les rats meurent…), les rats témoins meurent aussi (oui, comme tout le monde… mais au moins un an après le premier rat nourri avec le maïs GM), les résultats différent selon le sexe des rats (logique quand la sphère hormonale est concernée) mais pas selon la dose du toxique (l’effet des faibles doses est désormais reconnu)…

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