Journée de repos du 15 juillet : la Brasserie Associative de Montflours

Mathieu Bière, Édition 2016, Pays de la Loire

Créé il y a un peu moins de 10 ans la Brasserie Associative de Montflours (BAM) est un haut lieu d’expérimentation de bières artisanales, locales et biologiques en Mayenne. Au départ quelques copains se réunissent pour brasser 30 litres dans des fûts transformés en cuve de brassage. C’est l’occasion d’essayer différentes recettes et de créer des moments de convivialités. Très rapidement le brassage devient une passion. Les membres de l’association fond des recherches sur la bière, mettent en place des journées thématiques comme l’atelier de brassage Gallo-Romain accourt duquel ils brassent une cervoise dans les conditions de l’époque (cuve de brassage en céramique, transfère de cuve par gravité…).
Ils créent l’Irrégulomadaire de la BAM, un journal écrit sans pression à parution irrégulière, dans lequel ils évoquent l’actualité de la brasserie et les résultats de leurs différentes recherches.
Le projet prend de l’ampleur et passe de 30 à 100 litres par brassins. En 2012, l’équipe salarie Cédric Soufflet afin de donner une plus grande stabilité au projet. C’est le moment d’agrandir à nouveau la structure. La Brasserie s’installe alors dans la Ferme de la Fougeray et investie dans du plus gros matériel (250 hectolitres par an). En février 2013 c’est le passage en société coopérative d’intérêt collectif (SCIC).
Une partie de l’orge et du houblon sont produits au Gaec Radis & Co. Pendant une période le fournil des Radis donnait son levain à la BAM pour ensemencer le moût. A la fin de la fermentation, la brasserie redonnait ses levures au fournil pour la fournée de pain. Cet échange permettait de conserver le levain et d’enrichir les deux produits.
D’inspiration Belge et Allemande, la BAM brasse essentiellement du malt pils et propose une gamme permanente composé d’une blonde, une ambré, une brune, une « terroir », une bière de noël et une bière de printemps. Ils expérimentent à l’envie des recettes de cervoise, stout, lambic…
La Brasserie ne compte pas vendre au-delà d’un rayon de 15 kilomètre. Mais à l’heure actuelle elle produit insuffisamment au regard de la demande. Les cuves de fermentations n’étant pas isolées, l’activité est fortement réduite en hivers et complétement à l’arrêt en été. Un projet d’agrandissement est dans les cartons pour passer de 250 à 1000 hectolitres par an. Après cette ultime évolution, l’idée est de stabiliser et de ne plus grossir. Cédric préfère aider à l’installation d’autres brasseurs plutôt que de grossir inexorablement. Début octobre « une zone artisanale coopérative construite autrement » sortira de terre aux Mottais à Montflours. Cette SCIC nommée l’Archipel regroupera la BAM, Amisum (entreprise d’entretien de photovoltaïque), Colr’Rain (Sculpteur), Cepco (Chaudronnier), Tof & Co (lavage et vente de bouteilles) et Future Simples (production et vente de plantes aromatiques).
L’objectif est de proposer un loyer à 2 €/m² pour les membres de la SCIC. De cette manière, ils pourront concentrer leurs efforts sur les emplois et l’investissement matériel. Vous pouvez dès maintenant prendre des parts sociales à 120 € l’unité : http://hamosphere-cooperation.org/
Les membres de la Scic et la commune de Montflours veulent un bâtiment réversible avec un impact sur le sol le plus faible possible. Les locaux seront évolutifs, ils pourront s’agrandir et même être déplacé sur le territoire. La dalle reposera sur des pieux et l’ensemble sera entièrement démontable afin de permettre aux générations futures de remettre en culture la surface occupé.