Étape du août : Vassieux-en-Vercors – Saint Jean en Royans : La Ferme des Roussets

2840946.jpg.1024x682_q70_background-#fff_upscaleAu cours des AlterTour 2009 et de 2010, Nicolas rencontres des anciens compagnons du Réseau d’Échanges et de Pratiques Alternatives (REPAS). En 2011, il rejoint le compagnonnage. Pendant 5 mois il s’immerge dans les entreprises du Réseau et expérimente le « travail autrement » : égalité de salaire, prise de décision collectives et horizontales… ils sont 6 à vouloir aller plus loin ensemble, quitter leur travail et leur domicile pour un projet plus proche de la terre et de leurs aspirations : ils achètent la Ferme des Roussets, encaissée au pied du Vercors (le soleil n’y met pas les pieds l’hiver !). Des activités sont mises en place depuis 3 ans : le maraichage en bio, l’apiculture, la boulange, des balades en ânes.

Les maraichers accueillent des woofers depuis 1 an, cela apporte de la vie et de l’aide même si cela ne fait pas toujours gagner du temps. Le coût de la ferme était relativement abordable (150000 euros) car elle ne comprend pas de logement : l’apiculteur vit sur place dans une yourte, l’amoureux des ânes dans une caravane, les autres dans des maisons au village voisin. Mais une belle salle commune avec un poêle à bois a été retapée et sert pour les réunions de l’association et du GAEC.

Chaque vendredi soir la ferme est ouverte, c’est aussi le jour de la fournée hebdomadaire (150 kg de pain/fournée dans un four à bois !). Il y a de la bière locale, de la limonade bio et souvent de la musique comme ce jour de notre arrivée où deux groupes de musique trad se sont succédés sur la scène. Pour l’occasion l’Échappée Belle Food-Truck et une caravane à crêpes préparent le repas pour le P’tit Bal de l’AlterTour.

A la ferme, les choses s’installent peu à peu, il y a une certaine pression car la subvention d’installation en bio les oblige à un certain équilibre avant la 5e année. Mais ils vivent maintenant en accord avec leurs rêves, des bébés arrivent et ils ont encore plein d’idées.

Pierre-Luc

Publié dans Non classé | Marqué avec , , , , , , , , , , | Commentaires fermés

Étape du 13 août : Saillans – Vassieux-en-Vercors : Base Nature Vercors

P1010093 P1010095 P1010094

Cliquez sur les images pour agrandir

Céline

Publié dans Non classé | Marqué avec , , , , , , | Commentaires fermés

Etape du 12 août : Eurre – Saillans : La Commune de Saillans et Ecotopia Bike Tour

Ils en veulent, les élu(e)s de Saillans ! Tou(te)s néophytes dans leur fonction mais animé(e)s d’une volonté de gouverner autrement, ils ont fait de leur commune un « village gaulois » qui commence à être connu internationalement. Entourée d’une majorité de mairies avec une prise de décision pyramidale, Saillans et ses méthodes de démocratie participative commencent à faire tache d’huile avec l’aide des médias. Conséquence : les élus sont de plus en plus pris au sérieux au sein de leur intercommunalité et par le préfet.

En quoi ce village de 1200 habitants est-il participatif ? Les commissions municipales et comités de pilotage sont ouverts à tous et les idées concrétisées en « groupes  action-projet ». Les actions réalisées sont évaluées après quelques mois et modifiées en fonction du retour. Une instance appelée « observatoire de la participation » veille à ce que « les portes restent toujours ouvertes », en organisant des réunions de quartier et en informant sur les possibilités de s’impliquer. Ainsi, les citoyens peuvent « monter en compétence » et l’écart avec les élus diminue.

Sur le bord de la Drôme a eu lieu un échange avec les cyclistes d’Ecotopia Bike Tour, qui ont partagé notre route pendant 48h. Nous avons parlé de nos valeurs et façons de faire avec une « présentation croisée » où des personnes ont exposé les méthodes de l’autre groupe par thématiques.

Le groupe Ecotopia est autogéré et international et vise à intégrer des personnes de différentes cultures et milieux sociaux. Il existe depuis 25 ans et dure 3 mois, traversant plusieurs pays d’Europe. Il promeut le voyage à vélo, sans énergie fossile (cuisson au bois sur rocket stove). Tous les bagages et le matériel sont transportés dans des sacoches et des remorques où même un chien a trouvé sa place. Afin d’être en marge du système monétaire et de consommation, les vélos ainsi que la nourriture sont en grande partie récupérés. Les tâches sont partagées sur la base du volontariat et les décisions prises par consensus. Comme l’AlterTour, Ecotopia pédale à la rencontre d’alternatives.

 

Une conférence gesticulée renouvelée sur le vélo a clôturé la journée de manière festive au centre du village.

DUTTI pour l’AlterTour
JULIETTE pour Ecotopia Bike Tour

Publié dans Non classé | Marqué avec , , , , , , , | Commentaires fermés

Étape du 9 août : Saint Pierreville – Croux : La ferme de la Jaubernie

A la ferme de la Jaubernie nous avons été reçu par trois personnes : Véro et Gilles les éleveurs historiques de la ferme caprines La Jaubernie ainsi que Céline associée depuis janvier qui va d’abord prendre la relève du couple qui va progressivement prendre sa retraite. La ferme comporte en outre les 56 chèvres laitières, trois boucs, moultes canards, des cochons et peut-être bientôt une vache pour nourrir les jeunes cabris.

Les sujets de discussions ont été nombreux et passionnés : du mode de production du fromage local AOC : le picodon, à l’aménagement progressif de la ferme pour laisser la place à la relève, le toit qui comporte une petite centrale photovoltaïque qui permet d’alimenter une dizaine de maisons, la phytoépuration. Le trio très militants a cependant très vite orienté les débats vers des sujets qui leurs tiennent vraiment à cœur et qui peuvent être clivants : le puçage des bêtes (qu’ils jugent pas adapté à leur mode de production et n’est pas nécessairement garant d’une meilleure traçabilité), le loup qui est peu présent dans ce coin d’Ardèche mais des amis agriculteurs à eux sont en revanche très concernés ; selon eux on ne peut pas être pour ou contre le loup, seulement tout comme l’homme le loup est un prédateur qui doit être réguler.

D’autres producteurs du coin se sont joins à nous pour la soirée : Pascal et Muriel maraîchers qui utilisent la traction animale pour travailler leur exploitation et qui nous ont régalé de tartes salées garnies de leurs légumes et Maud paysanne boulangère qui possède un terrain proche depuis l’automne après dix ans de recherches et de luttes auprès des institutions soutenues par la Confédération Paysanne. Dans un amphithéâtre de bottes de paille, davantage de sujets sont encore abordés et l’on peut percevoir qu’ils ont déjà été longuement réfléchis et discutés (et qu’ils le sont toujours) : l’intérêt et les limites du label agriculture biologique AB, la PAC et les subventions, le bien-être animal et l’interdiction de l’abattage des bêtes sur les exploitations, les régimes végétarien et végétarien. Tous membres actifs de la Confédération Paysanne ils alternent les actions de lutte et d’information sur le département.

Comme si ça n’est pas assez Véro est également très investie au sien de Via Campesina, organisation mondiale d’agriculteurs d’exploitation de taille familiale,  auprès de laquelle elle anime-entre autre- des ateliers sur la reconnaissance des femmes dans le monde agricole. Avec Céline elles animent bientôt un atelier sur ce thème dans lequel elles présentent des témoignages et récits d’expériences.

Avec la retraite  prochaine de nos hôtes, l’activité à La Jaubernie n’est pas prête de ralentir (au contraire), de nouvelles personnes pourraient rejoindre prochainement ce lieu car Céline cherche un/une/des associé(e/s) pour la reprise de l’exploitation et expérimenter des formes d’association innovantes dans le monde agricole – ce qui n’est pas pour déplaire aux futurs retraités.

Hélène

Publié dans Non classé | Marqué avec , , , , , , , , | Commentaires fermés

Un tour de France écolo à vélo

Du 8 juillet (départ de Ramonville) au 20 août l’Alter Tour, randonnée cycliste, est une manifestation qui fête son 10e anniversaire et organisée par AlterCampagne qui se bat contre le concept de dopage généralisé. «Le dopage dans le sport, on connaît. Mais il peut être appliqué à presque tous les domaines de la société !» clame AlterCampagne. Rencontre avec Mathieu Fromont, coordinateur de l’association.

Mathieu que représente l’Alter Tour ?

En chiffres, 350 participants pour cette année. Mais là n’est pas le plus important. Notre mouvement veut être partie prenante dans l’élaboration de solutions concrètes pour sortir des OGM et des synthèses. Notre fonctionnement est horizontal et notre siège social est à Bagnolet où nous sommes hébergés dans les locaux de la Confédération Paysanne.

Quel est votre champ d’action ?

Nous sommes ouverts à de nombreux domaines : habitats collectifs participatifs, maison a énergie positive, recycleries… L’idée de base des pères fondateurs était de rencontrer tous ces gens qui dans leur coin ont des idées. Parler et échanger sur leurs actions et sur leurs alternatives.

Où avez-vous été en Haute Garonne ?

Notre tour cette année sillonne les routes d’Occitanie et de Rhône-Alpes. En Haute-Garonne, nous avons fait une déambulation dans Toulouse à la rencontre de lieux alternatifs (Scopie, L’atelier idéal) Nous avons aussi pris le temps de dire Non à Val Tolosa. Mais nous sommes aussi allés à Cazères à la Coopérative d’habitant l’an 01.

Pourquoi partir de Ramonville ?

Parce que ce qui se passe à la MES (Maison d’Economie Solidaire) est très intéressant. C’est un endroit qui fourmille d’idées, d’initiatives, d’expérimentations, de solutions alternatives. Bref un lieu vivant et nous souhaitons qu’il le reste.

Une conclusion ?

Le but est d’amener les gens vers les alternatives et les rencontres. La circulation à vélo est le moyen de transport, mais c’est aussi un moyen pour nous de le promouvoir. Enfin, je milite pour que demain des petites exploitations locales puissent se réinstaller sur nos terres. Production locale bio qui garantira une alimentation saine et du travail pour tous les paysans.

Propos recueillis par Pierre Datchary
La Dépêche

Publié dans Revue de presse | Marqué avec , , , | Commentaires fermés

Étape du 7 aout : Saint-julien du Serre – Saint Pierreville : Ardelaine

Deuxième jour à Saint Pierreville pittoresque village de l’Ardèche du Sud niché au creux d’une vallée abondamment boisée. La nuit fut courte pour certains Altercyclistes dont le sommeil fut troublé par le tonnerre et la pluie intempestive. Heureusement la joie et la bonne humeur des membres d’Ardelaine remis tout le monde d’aplomb. On vit alors des Altercyclistes enthousiastes, prêter main forte dans des activités diverses : mises sous plis de lettres, épluchage d’échalotes avec l’Association le Bateleur. Pendant que nos compagnons de route parcouraient les contreforts de l’Eyrieux (charmante rivière locale) à la découverte de la manufacture de laine locale qui a sut diversifier ses produits au fil du temps (vêtements, restauration, accueil de touristes).

Curieuse attraction que cette SCOP qui défie le temps depuis plus de 3 décennies. Car c’est dans les années 80, que se jouait déjà l’enjeu de la revitalisation des territoires ruraux. Une dizaine de jeunes gens aux compétences diverses unissaient leurs forces et faisaient le pari fou de reprendre une fabrique de laine moribonde dans ce qui était à l’époque un modèle d’organisation rare : la SCOP. Il serait bien long de relater l’histoire d’Ardelaine mais sachez que l’AlterTour ne pouvait passer en Ardèche et faire impasse de ce lieu. En effet, la transmission entre les générations, la recherche d’une alternative viable à la production de masse ou encore l’autogestion du groupe sont autant d’objectifs communs. Aujourd’hui  Ardelaine  représente 45 emplois, accumule les récompenses (prix HEC pour le management innovant en 2010) et défie toujours plus les formes de management traditionnels ; Demain nous reprendrons la route en gardant chacun à l’esprit cette rencontre inoubliable.

Baptiste & Gaultier

Publié dans Non classé | Marqué avec , , , , , , , , | Commentaires fermés

L’AlterTour, un tour à vélo mais pour qui et pour quoi ?

L’AlterTour est un voyage à vélo organisée en France depuis 2008. Un voyage engagé dans la construction d’un monde plus responsable. L’association Altercampagne en est l’instigatrice et chaque été, sur une période d’environ 45 jours (mais on peut aussi s’inscrire pour quelques jours), l’AlterTour propose d’aller à la rencontre d’alternatives concrètes menées par les populations locales (alternatives agricoles, économiques, éducatives, énergétiques, sociales, culturelles…). Ces voyages se font dans un objectif d’échanges et d’enrichissement mutuel. Dans ce cadre, le vélo est un moyen de faire le lien entre ces initiatives mais aussi de sillonner les régions de France (40 km par jour env), de prendre le temps de découvrir ses traditions, ses habitants et partager la vision d’un monde que nous aimerions transmettre à nos enfants.

L’AlterTour en quelques chiffres 2007/2016 :

  • 260 bénévoles sur 10 ans
  • 3 000h de bénévolat en 2016
  • 2 000 participants cumulés
  • Multi générationnel : de 2 mois à 79 ans
  • 320  AlterCyclistes en 2016
  • 400 jours cumulés de vélo
  • 750 Alternatives rencontrées
  • 17 000 km cumulés

Préparation du tour 2017, une organisation bien rodée

Dans les backstages de l’AlterTour

En décembre 2016, à peine installé sur Toulouse, je prend connaissance du futur itinéraire de l’AlterTour 2017. Un tour qui débutera cette année de « la ville rose », une aubaine pour moi qui souhaite découvrir la vie associative de la région. Un premier email à Mathieu Fromont, coordinateur de l’AlterTour depuis sa premier édition et me voila invité à la prochaine réunion Skype. Les premières semaines sont difficiles, beaucoup de vocabulaire à intégrer, une organisation très bien rodée qui s’est affinée avec les années. D’ailleurs la majorité des bénévoles sont d’anciens participants de l’AlterTour.

Le choix des préparateurs d’étapes pour les quarante cinq jours de l’aventure se fait naturellement, au fil de l’eau.  Nos échanges se font avec en support un document partagé reprenant l’agenda du tour jour par jour. Au début beaucoup d’indicateurs sont au rouge, on retrouve les informations sur les préparateurs d’étape, les villes étapes, les alternatives rencontrées, le nombre de kilomètres prévu, les itinéraires, etc…  J’en profite pour m’inscrire comme préparateur d’étape sur les six premiers jours. Elsa forte de ses quatre participations à l’AlterTour se joint à moi sur cette période. Elle maîtrise le jargon et fait preuve d’une organisation sans faille, un sacré coup de pouce pour me guider dans le labyrinthe des terminologies Alter et dans le démêlage des tâches.

Les réunions Skype se succèdent toutes les deux semaines environ. On y fait le détail de la préparation des étapes. Chaque journée de l’agenda est passée en revue. Identification des points bloquants, partage des bonnes nouvelles, passage de bons plans. Un moment où l’on apprend aussi à se connaitre. A l’approche du printemps des réunions plénières sont organisées aux quatre coins de la France. L’occasion de mettre des visages sur des noms et prendre des décisions sur des sujets plus généraux. D’autres rencontres sont organisées pour l’entretien de la vingtaine de vélos destinés aux participants de l’AlterTour, une autre pour réaliser l’inventaire du matériel, préparer le camion et la voiture balais.

Tu seras préparateur d’étape !

Parmi les missions du préparateur d’étape on retrouve :

  • Prise de contact avec des alternatives locales et réflexion sur les activités qu’il serait possible de proposer (ateliers, visites, projections, débats, concerts)
  • Recherche de lieux d’accueil pour l’installation du campement. Identification d’un espace pour une quarantaine de tentes, de deux toilettes sèches, un point d’eau pour les douches et un espace pour le camion et l’espace cuisine
  • Planifier les itinéraires  cyclables avec l’objectif de proposer un tracé accessible à tous et avec une sécurité maximum (cartes et tours de repérage)
  • Identification de lieux de pause déjeuner pour la préparation des repas et le réapprovisionnement en eau (contacter les municipalités, associations locales)
  • Recherche de primeurs ou producteurs locaux pour le réapprovisionnement en produits bio et locaux (fromages, pains, fruits et légumes) Contacter bien à l’avance pour permettre d’anticiper les quantités nécessaires à planter

La notoriété de l’AlterTour m’a agréablement surpris lors de nos recherches. Beaucoup des alternatives contactées connaissaient l’événement et étaient ravies de nous rencontrer.  Il est vrai que l’édition 2012 était passée par Toulouse et notre carnet d’adresses reprenait plusieurs des alternatives de cette édition.

Lorsqu’une alternative est d’accord pour nous accueillir, nous lui demandons généralement d’être force de proposition sur le fond et la forme de notre future rencontre. Pas toujours évident pour des structures n’ayant jamais accueilli un groupe de cyclistes itinérants. Il faut effectivement intégrer un temps pour permettre aux alter-cyclistes d’installer le campement, se laver, se reposer les jambes. Finalement, il ne reste pas énormément de temps après une visite pour d’autres activités. La soirée se poursuit souvent autour d’un fond musical, d’un repas partagé. Un contexte parfait pour permettre a ceux qui le souhaite de poursuivre la conversation.  Lorsque nous sommes accueillis plusieurs jours il est alors envisageable de proposer des ateliers et chantiers participatifs.

L’organisation des six jours nous aura finalement occupé pendant les six premiers mois de l’année.

Dimanche 9 Juillet 2017, Toulouse

HabFabOrganisation d’une journée à la découverte d’une vingtaine d’alternatives toulousaines en collaboration avec l’association Via Brachy.  Une dizaine de groupes de cyclistes ont ainsi sillonné la ville à la rencontre d’alternatives sur des thématiques variées (Cinéma indépendant, recyclage de matériaux de chantiers, jardins partagés, ateliers vélos et beaucoup d’autres). Retrouvaille le soir même pour partager sur la journée et faire la fête.  Une journée aux couleurs de l’Europe avec la participation de siciliens, grecques et portugais venus participer au « voyage en hétérotopie » organisé par Via Brachy.

Lundi 10 juillet 2017, Montaigut sur Save

FermeLaBouzigueDécouverte de la ferme de la Bouzigue, ferme pédagogique et lieu de promotion de l’éducation à l’environnement.

Au programme découverte du potager écologique, des animaux de la ferme et des deux jeunes alpagas. Une rencontre animée par le duo Valerie & Valerie pétillantes et passionnantes. L’après midi se poursuit avec le concert du célèbre pianiste nomade Marc Vella. Marc a parcouru  environ 200 000 km en 25 ans accompagné de son fidèle piano.  Nous poursuivons la soirée au rythme de « la caravane amoureuse » film documentaire retraçant le voyage de Marc en Inde.

Mardi 11 juillet 2017, Beaumont sur Leze

NonAValTolosa2Une première rencontre en milieu de journée avec les militants de « Non à Val Tolosa ». Un collectif citoyen qui milite depuis plus de dix ans pour la préservation d’une zone d’accueil de plusieurs espèces de plantes protégées mise en péril par le projet de centre commercial qu’ils sont en voie de remporter.

Après un itinéraire animé par les champs de tournesol nous rencontrons les habitants de Mas Coop, une coopérative d’habitants avec un projet d’habitat partagé dans un lieu paradisiaque. Un accueil survitaminé avec en point d’orgue une soirée musicale enflammée par Rémi Mouillerac, guitariste et chanteur reconnu sur la scène toulousaine.

Mercredi 12 Juillet, Cazéres

an01[1]Après une journée vallonnée nous rencontrons les habitants de l’an 01, une coopérative d’habitants créé en 2014, installé dans un ancien corps de ferme du début du siècle. La propriété est entourée d’une zone maraîchère et céréalière, exploitée par deux des membres du collectif, Alban le maraîcher et Diego le paysan-boulanger. Installation du campement suivi d’une présentation du lieu et des activités maraîchères avant de partir en centre ville pour rencontrer le groupe d’opposants à la réouverture de la mine de Salau. Une mine de tungstène fermée il y a une trentaine d’années. Une exploitation principalement destinée à l’industrie militaire. Plus qu’un problème environnemental, c’est la santé des mineurs qui est directement en jeux avec des risques avéré de d’asbestose et de cancer.

 Grosso modo comment se passe une journée d’un alter-cycliste?

Un planning bien ficelé

L’emploi du temps de chaque journée est réfléchis bien en amont. Il est construit en fonction des disponibilités des accueillants, des activités que l’on souhaite proposer, des distances à parcourir. Il est aussi régis par les temps de trajet à vélo ( 10 km/h de moyenne), des temps de pause, des briefings, des pauses repas. Le détail de chaque journée est ainsi savamment organisé et visible sur l’agenda de l’AlterTour. Il permet à chacun de se faire une idée du déroulement des journées et de pouvoir au besoin retrouver le groupe en cours de route.

Fiche détaillée d’une journée à l’Altertour

 

L’AlterTour fonctionne de manière autogéré,  c’est-à-dire qu’il n’y a pas de structure hiérarchique de commandement, ni d’individu qui occupe un rôle prédéfini. Il y a effectivement des référents mais ils n’ont d’autres rôles que de donner des indications. Ainsi chaque soir un briefing est organisé avec pour ordre du jour le remplissage du tableau des postes du lendemain. Une quarantaine de  tâches sont à pouvoir au quotidien

  • Préposés au réveil de l’ensemble du groupe (en règle générale, un réveil au son d’un instrument de musique)
  • Cuisiniers pour le petit déjeuner, déjeuner, dîner
  • Poste de maître du temps (Il connait le planning et intervient pour prévenir d’un dépassement du temps)
  • Préposés à la vaisselle
  • Postes de conducteur des deux véhicules
  • Poste réparateur vélo
  • Poste montage/démontage des toilettes sèches
  • Poste journaliste du jour
  • Poste rangement de l’équipement dans le camion

C’est donc à chacun de s’impliquer pour contribuer à la bonne marche de l’AlterTour.  Les postes tournent chaque jour et l’on constate que la majorité joue le jeu. L’organisation du tour se fait de la bonne volonté de l’ensemble du groupe. C’est un équilibre qui parait fragile mais qui fonctionne depuis la toute première édition.

On the road

Sur la route c’est aussi tout une histoire, là encore l’autogestion est de rigueur,  il y a bien un guide en tête de file, pas forcement le ou les préparateurs de l’étape du jour mais en général une personne familière de la région.  Un alter-cycliste se propose aussi pour jouer le rôle de « serre-file ». Il clôture le peloton et dispose d’une boite à outils et à pharmacie pour palier a toutes avaries.  Entre ces deux portes drapeaux le groupe s’étire au rythme des sportifs et des flâneurs. Il y a déjà eu plus d’une heure d’écart entre les deux extrémités de la file mais tout le monde arrive à bon port.  Et comment faire pour ne pas perdre un cycliste aux intersections ? Et bien c’est là qu’interviennent les « flèches humaines ». Le guide doit toujours être suivi de prêt par plusieurs alter-cyclistes, à l’approche d’une intersection un des suiveurs s’arrête spontanément pour montrer le chemin au reste de la caravane.

Bref !

Bref ce premier pas dans l’univers AlterTour m’a ouvert les yeux sur un monde d’alternatives avec beaucoup de bonnes idées. Il a fallu franchir plusieurs portes, s’accrocher pour décrypter les terminologies du monde « alter » avant d’apprécier l’importance du réseau d’alternatives et les interconnexions qui le font vivre. C’est aussi et surtout une aventure humaine où l’on se plait à découvrir des personnes porteuses de projets responsables, avec une volonté de limiter leur impact environnemental et développer une société plus équitable.  Ces gens investissent leur temps et leur énergie dans un but idéologique, c’est aussi un domaine en pleine effervescence où chacun peut venir s’exprimer et proposer de nouvelles idées. J’aime découvrir ces projets où l’on imagine d’autres manières de vivre, de consommer. Ils n’ont pas forcement vocation à changer le monde mais ils permettent de développer un esprit critique sur notre société et d’imaginer des solutions pour l’améliorer. En tout cas une chose est sûre, je serai là pour l’édition AlterTour 2018.

Merci à toute l’équipe AlterTour !

Virgile, Le Carnet des possibles

Publié dans Non classé | Marqué avec , | Commentaires fermés

Étape du 5 août : Bessèges – Rosières – Changement de Cap

Samedi après-midi nous arrivons à Rosières, pour rencontrer le projet Changement de Cap. Le lieu est beau, le jardin est plein d’arbres plantés récemment, et de grandes fresques décorent les murs de l’espace récup-vente. Une grande scène en bois dit quelque chose de la place de la culture dans ce lieu.

Le projet Changement de Cap ? Accueillir des personnes en situation de rupture ou qui sont en recherche d’un changement de vie et leur proposer des ressources pour construire un nouveau chemin. Ainsi différentes activités sont développées : du maraîchage, des activités de ressourcerie, un habitat partagé au sein d’un éco-hameau… « Au départ on est tous des accueillis » témoigne Manon, membre active de l’équipe. Inspiré par l’Abbé Pierre, Changement de Cap  porte la volonté d’un accueil inconditionnel. Proche aussi du mouvement de l’agroécologie, il se donne comme principe d’agir « avec et pour le vivant ».

Où en est le projet aujourd’hui ? Un terrain a été acquis l’an dernier à Darbres avec le projet de construire un lieu d’habitation pour accueillir 25 personnes. Les dons et les 24 prêteurs solidaires ont permis de réunir les fonds nécessaires et les activités récup vente apportent son autonomie financière. Une petite équipe se structure pour porter le projet dans la durée. Changement de Cap souhaite aussi obtenir le statut OACAS (Organisme d’Accueil Communautaire d’Activités Sociales. Ce statut permet de créer des Compagnons et comprend le fait d’être logé, nourri, soigné, de travailler et de percevoir un pécule, de cotiser à la retraite, à la Sécurité sociale, mais pas au chômage. Ce statut, qui ne nécessite pas d’avoir des papiers, permet effectivement l’accueil inconditionnel. L’équipe prévoit d’assurer le logement et la nourriture, et s’entoure de compétences extérieures pour la santé et l’accompagnement (médecin, psychologue, assistante sociale). Changement de Cap  comprend aujourd’hui 900 adhérents, un logement pouvant accueillir 3 personnes, une activité de recyclerie sur 2 lieux. Une parcelle d’arbres fruitiers en co-propriété diversifiera les ressources pour la suite. Le prochain chantier est de définir la feuille de route pour la construction du lieu ainsi que les modalités de gouvernance. On leur souhaite bonne route !

Julie

Publié dans Non classé | Marqué avec , , , , , , | Commentaires fermés

Vauvert : l’AlterTour plante les tentes à Echovert

Chemin des Canaux, jeudi 27 juillet au soir. Plus de 70 vélos se dirigent vers le mât de la petite éolienne, repérable de loin. Ce sont les cyclistes de l’AlterTour, venus planter leur tente le temps d’une étape dans le site Echovert.

La manifestation qui fête ses 10 ans propose un autre tour de France sur les chemins de la transition, pour des échanges de savoir-faire et d’enrichissement mutuel. Le groupe parti le 8 juillet de Toulouse terminera à Valence le 20 août avec des haltes alternatives.

Etape à Echovert

Echovert a été créé il y a 10 ans par Bruno et Anne Lorthiois. En 1997, le jeune agriculteur et sa femme enseignante achètent une petite maison sur 2 hectares, un peu à l’écart du monde, avec le projet de créer un site autonome. Bruno entreprend des travaux d’isolation avec de la laine de mouton, et le résultat positif lui donne envie de faire plus. « Je suis curieux de nature, j’aime la technologie mais surtout partager le résultat de mes prototypes pour développer l’autonomie. » Il créé l’association Alter’Eco30 pour ouvrir le site à des personnes désireuses d’apprendre et de partager des techniques naturelles.

Partage de techniques et savoir-faire

Un jardin collectif de 1000 m² voit le jour. Auto-fertile, il est cultivé par une dizaine de familles qui deviennent autonomes en légumes. D’autres projets sont réalisés en commun : un chauffe-eau et un cuiseur solaires, une éolienne et même un chalet. « Pour nous, un autre monde est possible. L’Homme peut répondre lui-même à ses besoins fondamentaux sans dépendre d’une technologie de plus en plus compliquée. » Le site né autour des besoins naturels de la famille devient un lieu d’accueil pour des personnes en quête de transition comme les « wwoofeurs ».

Témoignage d’une wwoofeuse

Amandine y réside depuis 2 ans. Elle explique ce qu’est le « wwoof ». « C’est une association qui permet de faire des séjours partout en France dans des fermes biologiques. En échange de petits travaux, on partage un mode de vie, une culture, on apprend des techniques saines. Certains veulent simplement réfléchir à un autre mode de vie. » La jeune wwoofeuse a organisé un des ateliers proposés pour l’AlterTour : réaliser un enduit terre paille sur un mur climatiseur pour un gîte sur le chemin de Compostelle si le résultat est concluant. « Tout est expérimental ici. Nous testons nos expériences avant de les diffuser. » Le site offre une activité agricole, un fournil, un exemple de maison éco-rénovée, une coopérative de produits bio et une salle de classe pédagogique. Altereco30.com

Nathalie Vaucheret, Midi Libre

Publié dans Revue de presse | Marqué avec , , , , , , , , , | Commentaires fermés

Pollution minières dans les Cévennes : l’AlterTour roule pour la planète

Des dizaines de cyclistes se sont faits les porte-voix des victimes de la pollution des anciennes mines de zinc et de plomb de St-Félix-de-Pallières.

« Pas de plomb dans le Gardon ! Pas d’arsenic dans notre pique-nique !” L’arrivée vers 11 h 10, ce mercredi 2 août, d’une quarantaine de cyclistes foulards sur la bouche, brandissant une pancarte “Stop aux pollutions minières en Cévennes” a remué la très touristique Anduze.

Dans le cadre de l’Alter tour 2017, ils ont décidé de se faire les porte-voix des victimes de la pollution minière voisine, à Saint-Félix-de-Pallières, Thoiras et Tornac (*). “Je viens de Paris. Je connaissais la problématique des pollutions invisibles. Mais quand j’ai découvert celle de Saint-Félix, j’ai été totalement estomaquée”, explique l’altercycliste Danielle Fournier, bandeau “arsenic” sur le crâne.

les chemins de la transition – Un tour de France écolo en vélo

Au départ, en 2004, le collectif Alter campagne fédère les faucheurs volontaires, lors des Journées mondiales d’opposition des OGM. Quelques années plus tard, ses membres ont envie de partir à la rencontre de gens qui ont pris d’autres chemins, énergétiques, agricoles, sociaux, éducatifs, et qui l’assument. L’AlterTour, « un Tour de France sans dopage ni compétition, uniquement dans l’entraide et la bonne humeur » était né.

Depuis dix ans, des citoyens de tous pays, pédalent, tout l’été, du 8 juillet au 20 août cette année. De Toulouse à Valence, en passant par le Gard, dans les communes de Thoiras, Saint-Jean-du-Gard, Anduze, Ribaute-les-Tavernes (photos), Bessèges… Le thème de cette dixième édition ? “Sur les chemins de la transition”. « Sur place, on prend connaissance des luttes locales, dont on devient des relais et des porte-voix », souligne Mathieu Fromont, coordinateur de l’AlterTour.

Invités par une habitante de Ribaute

Une cinquantaine d’Altercyclistes ont été accueillis par Françoise Folcher, une habitante de Ribaute-les-Tavernes qui a prêté son terrain pour l’établissement de leur campement, ce mercredi. « Je ne connaissais pas le principe. J’ai été contactée par l’association Agir (Association gardoise pour les intérêts de la ruralité) de Saint-Christol-lez-Alès, et j’ai accepté (sur la photo, à droite, Martial Delannoy et Martine Roure-Biscarat, d’Agir).

En échange, ils m’ont donné un coup de main pour désherber et débroussailler mon terrain. C’est un bon échange ! S’il faisait moins chaud, j’aurais bien partagé un bout de route avec eux. » Louis Julian (à gauche sur la photo), vigneron bio à Ribaute-les-Tavernes, est aussi venu échanger avec les participants.

Dix-septième génération de paysans, l’homme est passé en viticulture bio en 1979. Désormais, ses deux fils, Thibaut et Simon, diversifient l’exploitation. L’un élève moutons, vaches et volailles, le second pratique le maraîchage avec sa compagne, Anne-Sophie. Cette diversification rassure quelque peu Louis Julian : « La monoculture est dangereuse. On essaie d’élargir, de devenir une ferme globale. Je redoute une nouvelle maladie des vignes, causée par le changement climatique. Il faut arrêter de faire la guerre à la nature. Quand elle va se rebiffer, ça nous coûtera cher. »

René et Monique, couple 200 % engagé

Originaire du nord de la France (Hazebrouck), René et Monique Fauvergue, participants de l’Alter tour, aident les plus fragiles depuis 1984. « Avec notre association, Espoir, on a commencé par chercher puis aménager des logements vides pour accueillir des personnes à la rue. »

Depuis des mois, le couple s’intéresse également au sort des migrants : « Chaque semaine, avec un groupe solidaire, on ouvre nos maisons aux migrants, principalement des Érythréens, afin qu’ils puissent se reposer et se doucher. On propose à ceux qui sont malades de passer la nuit. » La solidarité et la rencontre, moteurs de l’Alter tour, ne peuvent que correspondre à ce couple.

« J’ai l’impression que c’est le début de quelque chose »

Une chance, pour de nombreux habitants des zones touchées (dont des parents de jeunes enfants), qui ont porté plainte devant les juridictions administratives et pénales et n’osent pas médiatiser leur situation. Certains, pourtant, sont bien là, et participent ouvertement à la manifestation. Comme Wilhem et Christian Sunt, de l’espace d’accueil temporaire La Mine, qui ont sensibilisé les cyclistes à ce scandale. “Maintenant, on attend des autorités une vraie réponse, explique Christian Sunt. Qu’on nous explique ce qu’on va faire des sites pollués et qu’on nous propose des solutions d’habitations, dans les Cévennes.”

Au micro, l’un des habitants les plus impactés, Manuel Gomes, de Tornac, rappelle la lenteur de l’action étatique sur le dossier, et pointe une “absence de suivi” sur les enfants. Quelques touristes s’arrêtent, une dame âgée vient féliciter les manifestants pour leur action. “C’est bien de voir ça, souffle une des victimes. J’ai l’impression que c’est le début de quelque chose.”

(*) L’exploitation de mines de zinc et de plomb a entraîné une forte présence de plomb, arsenic, cadmium, antimoine… dans un vaste territoire situé autour des exploitations. Des habitants présentent des taux de métaux lourds anormaux dans le sang. À ce jour, quatre plaintes au tribunal administratif et 55 au pénal ont été déposées.

Adrien Boudet et Laurie Zénon, Midi Libre

Publié dans Revue de presse | Marqué avec , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Commentaires fermés